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Le digital permet à Makheia Group de devenir la troisième agence indépendante en France
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Edouard Rencker, président de Makheia Group : «Si nous avons un coup de pouce économique, l’année 2014 sera formidable !»
Le groupe de communication indépendant, Makheia Group, qui est coté en bourse, vient d’annoncer l’acquisition de l’agence Big Youth, acteur historique de l’innovation digitale. Big Youth «milite» depuis sa création auprès des marques sur la nécessité d’intégrer le digital comme facteur de transformation des modèles économiques. Cette agence travaille notamment pour Monabanq, Lancel ou Ferrari. Selon Makheia Group, cette opération s’inscrit dans la stratégie de développement définie dans le numérique, puisque plus de 50% de la marge brute du groupe seront réalisés dans le digital, couvrant l’ensemble des expertises numériques indispensables : depuis la création et la gestion de portails de contenus, jusqu’aux applications mobiles les plus sophistiquées, en passant par les médias sociaux et la performance des contenus en ligne.
Makheia propose également un nouveau modèle d’agence de communication, dédié essentiellement à l’accompagnement des transformations de ses grands clients dans tous les domaines, stratégie, contenus et relations. Edouard Rencker nous présente son agence qui, grâce à cette acquisition, intègre le classement des trois premières agences françaises indépendantes.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous abordez la communication des entreprises sur Internet à travers une nouvelle approche : celle du contenu, car elles doivent communiquer, pas simplement en mettant en valeur leurs produits, mais aussi sur leur métier et leur univers…
Edouard Rencker : Absolument, mais aussi sur leurs engagements et leurs convictions. Il y a deux phénomènes qui poussent cette tendance. D’abord, on assiste à une forte fragmentation des publics dans leur comportement. On observe une tribalisation des comportements autour des communautés et c’est pour cette raison que les réseaux sociaux fonctionnent aussi bien, car cela correspond à un besoin de démarche communautaire. On ne peut plus réfléchir comme le faisait la communication classique à l’ancienne. Auparavant, c’était un message, un public et un média. En résumé, c’était généralement la ménagère de moins de 50 ans, le média était généralement la télévision et le message était facilement mémorisable. C’était le modèle dominant de la communication pendant 30 ans. L’explosion des communautés, notamment sur les médias, fait que l’on ne peut plus réfléchir sur un média, mais sur tous les médias, y compris dans les magasins où il y a de plus en plus de télévisions. Il y a aussi une explosion du consommateur, avec la mort officielle de la fameuse ménagère de moins de 50 ans qui a officiellement abandonné cet agrégat cette année...
On ne peut plus réfléchir non plus sur un message, car il faut que l’entreprise s’explique sur ses convictions et ses engagements, y compris ses finances, son management et son comportement éthique. Tout cela fait que la communication, qui était finalement quelque chose d’assez simple, est devenue une gestion extrêmement fine qui doit reposer sur les contenus. À partir de là, tous les métiers sont bouleversés.