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Un marché attentiste
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les investisseurs suivent très attentivement l’évolution du marché du travail outre-Atlantique, car la Banque Centrale Américaine y accorde une importance capitale pour déterminer sa politique monétaire. En gros, ses responsables avaient mis en place leur politique très incitative qui perdure encore dans le but de ramener le taux de chômage à un niveau acceptable. Or, la croissance américaine ne cesse de se renforcer depuis plusieurs mois au point d’être entrée dans une phase fortement créatrice d’emploi. C’est en tous cas ce que semble révéler les dernières statistiques publiées en la matière.
Pour certains intervenants, cela signifie qu’elle ne devrait pas tarder à lever le pied sur les opérations de rachat de crédit hypothécaire et de la dette de l’état fédéral sur le marché. La première conséquence attendue est celle de voir les taux des T-Bonds à 10 ans remonter mécaniquement et par effet d’entraînement ceux du reste du monde dont l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la France. Cela aurait alors de fortes chances de relancer le débat sur l’endettement public et la capacité de ces pays à rembourser à terme leurs dettes respectives aux investisseurs qui leur font confiance.
En fait, une simple hausse de 1% sur les OAT-10 ans condamnerait irréversiblement la possibilité d’entrer dans les « clous » fixés et refixés par Bruxelles. Certes, un effet d’entraînement devrait également avoir lieu sur le front de la croissance et compenserait positivement le surcoût du service de la dette. Pour le moment, il n’y a guère que l’Allemagne pour montrer de réels signaux de retour à une croissance forte et cela commence sérieusement à inquiéter … les américains ! Leurs craintes se portent spécialement sur la France qui n’arrive pas à sortir de l’ornière malgré un environnement international redevenu favorable.
Or, en cas de nouvelle crise en Europe, même la croissance américaine s’éteindrait brutalement car elle est assise pour le moment sur les gigantesques gains créés sur les marchés financiers et la revalorisation du marché de l’immobilier : l’effet de riche. Et si les américains recyclaient une partie de leurs gains engrangés à Wall Street et sur le Nasdaq sur les valeurs du Cac 40 dans un espèce de « plan Marshall » boursier ? Sans aller jusque-là, l’évolution récente de la place de Paris surtout après sa correction de début décembre a eu au moins l’avantage d’attirer leur attention sur le caractère bon marché des valeurs françaises.
On remarquera cependant que ce sont surtout les valeurs bancaires qui tirent actuellement le marché vers le haut. Cela est d’autant plus curieux que des responsables de Bruxelles et surtout les Banques américaines demandent avec insistance un assainissement du circuit bancaire dans lequel il y aurait selon eux beaucoup trop d’établissements en difficulté et sous assistance directe de la BCE. Il vaudrait mieux restructurer le secteur lorsque les cours ne sont pas trop hauts pour éviter les mouvements de panique. Sur le plan technique, le Cac 40 est revenu dans la zone de sa MM50 et celle des 4.250 points en évoluant dans d’étroites limites, en attendant de nouveaux développements. En cas de cassure des 4.200 points, un signal de poursuite du mouvement vers le support de 4.100 points serait déclenché.
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