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La loi SRU a contribué à détruire la ruralité...
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Michel Fourny, maire de Clairefougère (Orne) : «L’administration ne souhaite plus du tout qu’il y ait de constructions en milieu rural.»
C’est un sujet tabou car il est interdit par le politiquement correct de critiquer la loi SRU. Pourtant, ce texte a des effets nocifs qui sont méconnus : il s’agit de la destruction progressive de la ruralité. Cette loi est d’abord idéologique puisqu’elle été conçue par un ministre communiste, Jean-Claude Gayssot. Michel Fourny, maire de Clairefougère, rappelle à juste titre que la loi SRU est en partie responsable de la désertification des campagnes françaises. Clairefougère est une commune de 139 habitants, située dans le département de l’Orne, et elle a vu son nombre d’habitants augmenter de 5,9% entre 2006 et 2011. Michel Fourny connaît bien Clairefougère : «J’ai connu le village à 160 habitants dans les années 50, pour le voir redescendre à 84 dans les années 80 !» Aujourd’hui, la tendance s’est inversée car des jeunes couples viennent s’y installer. Autre motif de satisfaction pour l’élu : «Depuis 1995, je n’ai jamais augmenté les impôts.» Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes maire depuis 1995 et vous vous battez pour maintenir la vie dans votre village, que cela soit la population ou les activités, mais vous estimez que c’est de plus en plus difficile. Comment analysez-vous cette situation ?
Michel Fourny : Le problème que nous avons, c’est l’administration : car pour avoir des permis de construire, on est obligé de se battre. En effet, l’administration ne souhaite plus du tout qu’il y ait de constructions en milieu rural. Je construis dans mon bourg, qui a été aménagé car j’estime que l’on peut bien aménager son village, mais les directives de l’État sont claires : il faut renvoyer tout le monde dans les villes ! Je suis agriculteur, j’ai une exploitation qui est classée, mais nous n’avons pas d’autres exploitations dans le bourg. Dans ce contexte, j’estime que le bourg mérite d’avoir des constructions dans les terrains disponibles, car cela ne gêne personne et cela permet de maintenir la vie dans le village.
Malgré cela, vous êtes quand même confrontés à la disparition du commerce rural…
Le dernier commerçant est parti en 1972, j’étais tout jeune à cette époque... Mais nous avons des petites communes aux alentours qui ont quand même conservé des commerces. Nous en profitons indirectement et nous leur permettons de continuer d’être viables.
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