L’actualité vue par l’un des Cadets-Bourbon...

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Guillaume Chevrollier, député UMP de la Mayenne : «Compte tenu de la situation extrêmement difficile, il n’y a pas d’alternative : il faudra y aller à la hache.» 

Sept jeunes députés UMP, élus pour la première fois en 2012, se sont rassemblés l’été dernier au sein d’un groupe informel, sous le nom des Cadets-Bourbon, avec l’objectif de renouveler l’UMP et la droite française car ils refusent d’être «les clones» de leurs prédécesseurs ou des «petits robots produits à la chaîne dans la grande industrie du politique-spectacle». Bref, il n’est pas question pour eux de jouer les carriéristes comme les Luc Chatel, Laurent Wauquiez et autres Bruno Le Maire… Guillaume Chevrollier est l’un de ces Cadets-Bourbon et il apparaît déjà dans la liste des parlementaires qui travaillent activement en commission et dans l’hémicycle. Il fait le point sur l’actualité politique en cette dernière semaine de l’année 2013.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez d’intervenir à l’Assemblée Nationale sur un sujet plus technique et plus politique, mais qui concerne des millions de Français, puisque l’on observe dans toute la France un redécoupage électoral pour les prochaines élections cantonales. Or, ce nouveau découpage semble destiné à favoriser la majorité actuelle : par exemple, les villes vont avoir un nombre plus important de conseillers alors que les campagnes, qui votent un peu moins à gauche, vont perdre des postes de conseiller… Quelle est la situation ?


Guillaume Chevrollier : Absolument. Dans mon département, en particulier, cette opération de réforme des élections cantonales fait suite à des réformes des modes de scrutin pour les élections municipales et sénatoriales. Pour les cantonales, le gouvernement a présenté un projet avec un binôme : deux élus par canton. Cela impose un redécoupage de l’ensemble des cantons, alors que le canton était bien entré dans notre organisation politique. Ce que je condamne et conteste, c’est le découpage qui donne une place plus importante aux zones urbaines par rapport à la ruralité. Ce découpage cantonal, ce sont aussi des élus en plus, alors que la priorité devrait être la réduction des dépenses publiques !

Pour reprendre l’exemple de la Mayenne, nous avons 32 cantons avec 32 élus et, demain, il y aura 17 cantons, mais avec 34 élus. Parmi ces 17 cantons, il y a une sur-représentation de la zone urbaine sur l’agglomération lavalloise et, après, vous avez des cantons ruraux qui, pour certains, vont regrouper 37 communes avec plus de 20 000 habitants, alors que les cantons urbains vont compter 15 000 habitants. On voit bien que les ciseaux de ce découpage ont été tenus par des officines très ­politiques de la rue de Solférino, siège du Parti ­socialiste... 



Il est de tradition de dire que lorsque l’on joue avec les ciseaux et la carte électorale, cela se retourne toujours contre celui qui tient les ciseaux… L’exemple le plus récent concerne le découpage des circonscriptions des Français de l’étranger : l’UMP avait tenu les ciseaux en estimant qu’il y aurait 8 ou 10 circonscriptions à droite, or ce fut pratiquement l’inverse…

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