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La Fed joue avec le feu !
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
En cette période de « trêve des confiseurs » caractérisée par un faible volume d’échanges, il est difficile de se faire une idée relativement précise sur la tendance réelle. Le retour en lice des gros intervenants en janvier corrige souvent les excès résultant des traditionnelles opérations d’habillage de bilan de fin d’année. A cela, si on ajoute les reports de décision des ventes des investisseurs finaux pour des raisons fiscales, il vaudrait mieux attendre le début 2014 pour y voir plus clair.
Pour le moment, le Dow Jones continue de caracoler de record en record dans un total climat d’euphorie que même la réserve fédérale Américaine n’ose pas contrarier. Pourtant, cela n’avait pas été le cas du temps d’Alan Greenspan qui n’avait pas hésité à son époque à tirer le signal d’alarme sur les dangers que recèle une « exubérance irrationnelle » des investisseurs sur les marchés. La hausse actuelle est bien trop rapide pour durer et peut se transformer en catastrophe financière à la moindre étincelle.
Pour le moment, elle est là et bien là et elle s’apprête à entraîner de nouveau les marchés européens dans son sillage. Le Dax Allemand et le Nikkei Japonais ont bien répondu présents en repassant une nouvelle fois au-dessus de leurs anciens plus hauts. Ce n’est pas encore le cas du Cac 40 qui tente de repartir lui aussi à la hausse. Derrière ce concert plus ou moins synchrone, se joue une autre partition, celle de l’économie réelle. Mais là, c’est une autre limonade ! Alors qu’aux États-Unis, la croissance se trouve désormais à un rythme de croisière optimal qui devrait à terme résorber les problèmes des déficits américains, en France on patauge encore péniblement autour de la croissance « zéro ».
Cette situation favorable outre-Atlantique devrait avoir une conséquence sur les taux d’intérêt à long terme (les T-bonds à 10 ans) qui auront tendance à remonter mécaniquement. Par ricochet, la France et l’Europe subiraient les mêmes effets sur le coût de la dette qui s’en trouverait fortement alourdi, ce qui pourrait tuer dans l’œuf toute velléité de reprise économique. Une nouvelle crise sur la dette publique sur le vieux continent pourrait éclater de ce simple fait. Voilà pourquoi les marchés boursiers n’auraient pas intérêt à monter trop fortement actuellement.
Cela les rendraient d’autant plus vulnérables que le secteur bancaire n’est pas totalement restructuré. La donnée majeure à surveiller actuellement est le niveau des taux sur les « OAT 10 ans » qui est une véritable épée de Damoclès au-dessus des marchés. Il ne faudrait pas perdre de vue que les taux actuels extrêmement bas dont on bénéficie depuis un bon bout de temps ne sont pas inscrits dans le marbre et dépendent essentiellement de la bonne volonté des marchés.
Sur le plan technique, le Cac 40 se trouve actuellement exactement au niveau de sa MM50 (résistance) qu’il tente à présent de repasser dans le sens de la hausse. En cas de succès, il devrait revenir assez rapidement sur les 4.300 points où se trouve une zone de forte résistance allant jusqu’à 4.350 points. Ce n’est qu’au dessus de ce niveau, qu’il existe un signal de hausse à long terme.
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