Le krach de 1929 et ses conséquences funestes.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!! 

Chapitre 10.

Dans les années 1920, après la crise allemande, l’éphémère occupation de la Ruhr par l’armée française, après la restauration de la situation monétaire en Allemagne… on était un peu oublieux, dans l’économie mondiale, surtout en Amérique du Nord, des différents déséquilibres qu’il pouvait y avoir sur l’économie post Première guerre mondiale. Tout d’abord, de très riches nations étaient ruinées, durablement. L’Angleterre avait mobilisé fortement son épargne pour pouvoir payer les achats en Amérique du Nord, la France, qui avait fait de même, avait, de surcroît, perdu toutes ses créances sur l’ancien Empire russe, l’Union soviétique ne reconnaissant pas les dettes du Tsar. Alors que le Royaume-Uni signa, dès le début des années 1920, un accord permettant la récupération partielle des créances sur la Russie, la France, s’entêtant, n’a pas récupéré ses créances, attendant la fin des années 1980 pour obtenir une indemnisation très partielle, qui bien évidemment ne servit à rien, puisqu’elle ne représentait pas grand-chose par rapport à l’argent qui avait été investi dans l’économie russe. La France, mais aussi l’Allemagne, avaient également investi au Moyen-Orient, pour construire des lignes de chemins de fer dans l’Empire ottoman, et pour créer des infrastructures, un peu partout dans les Balkans.

L’Empire ottoman avait disparu, les dettes n’ont pas été honorées, elles non plus. Pour ce qui concerne les Balkans, la Roumanie, la Bulgarie, et la Serbie ont eu bien du mal à honorer, avec de l’argent dévalué, l’argent qui fut emprunté avant 1914 pour construire à la fois des lignes de chemins de fer ou des industries. En ce qui concerne le monde rural, faute de bras en Europe, les fermiers se sont endettés pour acheter des machines, des tracteurs, des batteuses, de manière à avoir moins besoin de la main-d’œuvre traditionnelle, et à gagner en productivité. Cela était intéressant, à condition que le prix de vente des céréales ou des bovins soit élevé, ce qui n’était plus le cas, puisque les débouchés à l’exportation n’étaient que très rarement existants et que, en dehors d’une économie de guerre qui avait soutenu les prix alimentaires, il y a eu effondrement des tarifs, le blé ne payait plus son homme. 


L’économie réelle toussait, pas l’économie financière.


Les possédants de terres, nombreux dans le monde rural, avaient des fermages indexés sur le prix du blé, ils se sont retrouvés très vite ruinés à leur tour, puisque la valeur en termes réels desdits fermages ne représentait plus, entre 1925 et 1930, que le quart ou le cinquième de la valeur de 1913. Dans l’industrie, en dehors du cas exceptionnel des usines Ford, on a eu plutôt une tendance à la stagnation des salaires, les productions de guerre avaient disparu, le monde entier avait basculé sur des produits de consommation, mais qui n’étaient pas achetables sauf à souscrire à des crédits, ce que l’on a déjà vu. Une toute petite partie de l’économie allait bien, c’est, dans la foulée des profiteurs de guerre, le monde des hommes d’affaires et des industriels. Ils voyageaient dans le monde entier dans des paquebots de très grand luxe, ils achetaient des automobiles hors de prix, telles que des Bugatti, ou les Rolls-Royce, ils vivaient comme les maharadjas de l’Empire des Indes, alors que les ouvriers des usines dont ils détenaient des parts, avaient du mal à boucler les deux bouts. Les entreprises fonctionnaient bien, le pétrole trouvait de plus en plus de débouchés vu l’augmentation du nombre d’automobiles en circulation et la mécanisation dans les campagnes.

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