Rythmes scolaires : les élus locaux désemparés

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Marie-Dorothée Flahaut, maire de Bécourt (Pas-de-Calais) : «La réforme des rythmes scolaires entraîne la fin de l’éducation religieuse et du catéchisme.»

La réforme des rythmes scolaires est inapplicable dans les communes rurales, car elles n’ont pas les moyens de financer des activités culturelles ou sportives pour les enfants. En l’état actuel des choses, elles n’ont pas d’autre solution que de faire simplement de la garderie puisqu’elles n’auraient rien à proposer aux enfants... La situation semble inextricable et les maires ruraux sont désemparés. A cela s’ajoute un sujet sensible qui n’a pas encore été abordé : le sort du catéchisme. Le témoignage de Marie-Dorothée Flahaut, maire de Bécourt, une commune de 300 habitants dans le Pas-de-Calais, est significatif de cet état d’esprit.


L’Hebdo-Bourseplus : Pour quelles raisons estimez-vous que la réforme des rythmes scolaires est inapplicable ?

Marie-Dorothée Flahaut : Cette réforme n’est pas du tout adaptée à nos petites communes rurales. D’abord, nous n’avons pas le personnel qualifié pour encadrer les élèves. Or, l’objectif de cette réforme, c’est quand même d’apporter un plus aux enfants. Ce n’est pas pour faire de la garderie, sinon cela ne sert à rien. Nous n’avons pas de personnel et nous savons que nous ne pourrons pas le trouver. Personne ne peut être intéressé à venir travailler si peu de temps tous les jours. J’ajoute que cette réforme va accentuer la fatigue des enfants. J’aurais davantage été pour le samedi matin car, en supprimant toutes les coupures la semaine, les enfants vont forcément être fatigués. Personne n’a aussi évoqué un point : la réforme des rythmes scolaires entraîne la fin de l’éducation religieuse et du catéchisme. Dans nos campagnes, cela existe encore… Donc, ce n’est absolument pas adapté, alors que les villes ont le personnel nécessaire et de l’argent. Nous, nous n’avons pas de locaux, nous n’avons pas de revenus et nous n’avons pas de personnel…


N’est-ce pas révélateur de l’ignorance des Parisiens de la réalité du monde rural ?

Il est certain que les initiateurs de cette réforme ne sont pas du tout sur le terrain. Il faudrait que ces gens s’imprègnent davantage de la vie dans nos territoires ruraux...

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