Immobilier haut de gamme : la France perd son attractivité auprès des étrangers

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Nathalie Garcin, présidente du groupe Émile Garcin :«Aujourd’hui, la France est considérée comme un pays incertain.»

Le groupe Émile Garcin est spécialisé dans l’immobilier haut de gamme dans le monde. Il s’est développé à Genève, Bruxelles, Dublin, Londres, Boston, Saint-Barthélémy, Marrakech et Tanger. En France, il est présidé par la fille d’Émile Garcin, Nathalie Garcin, qui continue de défendre cette spécialisation dans l’immobilier «remarquable». Le groupe vient de faire le point sur la situation du marché immobilier en 2013. Il apparaît que le marché haut de gamme tend à s’équilibrer, en province comme à Paris, même si l’absence des étrangers continue de peser sur l’activité. Le groupe Émile Garcin a annoncé une hausse de 4% de son chiffre d’affaires, grâce à un bon second semestre. A Paris, le nombre de transactions a diminué de 8%, mais la valeur moyenne des biens vendus a augmenté de 10%. Cependant, Nathalie Garcin précise que cela ne veut pas dire que les prix augmentent, mais que les investisseurs achètent des surfaces plus grandes Pour la rive gauche, le groupe Garcin souligne que le «climat d’incertitude économique et la tension perceptible entre des acquéreurs en manque de confiance et des vendeurs inflexibles» ont pesé sur l’activité. En ce qui concerne la rive droite, face à une offre importante, les acheteurs «n’hésitent pas à faire des offres à moins 20% du prix demandé, des offres qui sont à prendre ou à laisser».

Pour les propriétés et les châteaux, le marché s’est stabilisé après l’été, les prix ayant baissé d’environ 20% entre 2012 et 2013. En Provence, «la lourdeur et l’incertitude fiscale, ainsi que le peu de biens de qualité mis à la vente, n’ont pas aidé la fluidité du marché immobilier, notamment du côté des acheteurs». Enfin, sur la Côte basque, l’absence d’acheteurs étrangers s’est fait ressentir jusqu’à cet automne. Toutefois, plusieurs grosses propriétés viennent d’être acquises par des Espagnols, des Anglais et des Français. Il s’agit souvent de clients moins touchés par la crise, qui ont vendu leur logement parisien. Nathalie Garcin répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous êtes spécialisés dans l’immobilier haut de gamme. Qu’est-ce que cela signifie ?

Nathalie Garcin : Nous sommes spécialisés dans l’immobilier haut de gamme résidentiel. Nous travaillons sur tous les biens. Ce n’est pas une question de taille ou de prix, c’est une question de quartier pour Paris, ou d’endroits spécifiques en province. Mais il nous est arrivé aussi de vendre un hôtel particulier dans le XXème arrondissement parisien, alors que ce n’est pas un quartier chic, car il peut y avoir des choses exceptionnelles qui sortent de l’ordinaire. Nous vendons des biens dans des quartiers élégants, mais on peut vendre des biens ailleurs lorsqu’ils sortent de l’ordinaire. Donc, nous n’allons pas vendre un studio dans le XXème arrondissement, ce n’est pas notre clientèle, mais nous le ferions dans le XVIème, le VIIIème, le VIème ou le Ier arrondissement.


Ainsi, dans l’immobilier, les marques, c’est-à-dire les beaux quartiers ou les belles villes, restent toujours des valeurs sûres…

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