Talend : l’entreprise française en pointe dans la Silicon Valley

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Bertrand Diard, cofondateur de Talend : «On a vu très tôt que les volumes et la diversité de l’information allaient devenir vraiment critiques pour les entreprises.»

Pour le dernier numéro de cette année 2013, L’Hebdo-Bourseplus s’entretient avec l’entrepreneur français qui fait parler de lui dans le monde entier : Talend est incontestablement l’entreprise française qui a réussi aux États-Unis et elle a même fait la une de la presse américaine. Le métier de Talend est de proposer un logiciel open source qui vise à homogénéiser les données en provenance de sources différentes pour permettre aux développeurs d’applications de proposer des services unifiés. Talend est un acteur majeur du Big Data dans le monde et l’entreprise annonce son cinquième tour de table, bouclé à 29 millions d’euros grâce à Bpifrance, qui a mené cette opération en misant 12,4 millions, suivi par Iris Capital et le fonds américain Silver Lake Sumeru, qui avait piloté le quatrième tour de 24,7 millions d’euros de Talend en 2010.

«L’ancrage en France de cette société que nous avons dans nos radars depuis longtemps est très important pour nous», indique Thierry Sommelet, directeur d’investissements senior chez Bpifrance, qui ajoute : «Le niveau de cette levée de fonds montre qu’on a aussi, en France, la capacité de financement nécessaire pour soutenir des sociétés à fort potentiel dans leur développement à l’international.» Bertrand Diard, cofondateur et directeur de la stratégie de Talend, souligne : «Le soutien de Bpifrance renforce notre position sur le Big Data et notre capacité d’innovation. Nous allons aussi compléter notre offre sur le marché du Cloud, qui est encore un peu expérimental». L’entreprise consacre 9 millions d’euros par an à la R&D et emploie 120 chercheurs sur un effectif mondial de 420 personnes, dont une centaine en France et autant aux États-Unis. Bertrand Diard répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Lors d’une récente intervention publique, vous avez conseillé aux jeunes entrepreneurs de garder leur siège social en France car, selon vous et contrairement aux idées reçues, le système y serait plus avantageux qu’aux États-Unis… Il s’agit d’une prise de position pour le moins surprenante en ce moment…


Bertrand Diard : Vous avez raison d’aborder cette question en évoquant cette notion d’idées reçues. À un moment ou à un autre, il faut regarder les choses de façon pragmatique ! Je n’ai aucune couleur politique dans mon propos, j’essaie simplement de comparer les conditions les plus favorables. Quand vous analysez les annonces en termes de fiscalité, laisser penser que la fiscalité sur les plus-values est plus défavorable en France par rapport à d’autres parties du monde, ce n’est pas la réalité ! J’habite en Californie pour des raisons qui ne sont pas du tout fiscales. Je suis parti il y a cinq ans, mais je paie plus d’impôts sur ma rémunération et sur les plus-values associées à mes actions. Aujourd’hui, quand votre entreprise a plus de cinq ans, vous avez un certain nombre d’abattements et la fiscalité française est même plus favorable que la fiscalité londonienne ! Cela paraît surprenant, mais c’est la réalité. Ensuite, d’un point de vue purement opérationnel, pour faire de la recherche et du développement en France, avec les différents dispositifs qui accompagnent la recherche et le développement, comme le statut Jeune entreprise innovante, dans le cas de Talend, sur nos 150 ingénieurs, ils sont principalement en France. Il y en a aussi dans d’autres pays européens et en Chine, mais je n’ai aucun ingénieur aux États-Unis car cela me coûterait trois fois plus cher...

Je ne fais ni de politique, ni de polémique, j’ai juste une vision pragmatique et entrepreneuriale. Mon propos n’est pas de dire que tout va bien en France, mais de là à dire que l’herbe est plus verte ailleurs, c’est toujours plus vert ailleurs... Maintenant, il y a des avantages et des inconvénients. C’est la réalité des chiffres aujourd’hui. Je ne vous parle pas d’autres facteurs subjectifs. Par exemple, j’habite dans la Silicon Valley et le turnover des ingénieurs est considérable, car le marché de l’emploi est très tendu. Pour avoir un ingénieur, il faut commencer par lui donner 50 000 dollars en prime de bienvenue !

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.