Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Une fin d’année compliquée

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

L’indice Cac 40 se trouve actuellement exactement au niveau de sa MM200 sur laquelle il tente de rebondir désespérément. S’il n’y arrive pas, alors c’est forcément par le bas que les choses devraient se passer, car il est inimaginable que les cours restent éternellement scotchés autour de ce niveau plutôt instable. Dans cette hypothèse, le repli devrait se prolonger très rapidement sur les 3.900 points où passe actuellement la ligne de support du canal haussier à long terme. C’est la règle de la « balançoire » qui voudrait qu’il y ait autant de baisse avant le soutien qu’après celui-ci.

D’une manière plus générale, c’est l’ensemble des marchés boursiers qui sont concernés par la perspective du retournement de tendance à la baisse. Il faudrait se souvenir que la hausse qui a dominé les places boursières depuis deux ans est essentiellement assise sur des éléments purement mécaniques en relation avec les politiques monétaires des banques centrales. Leurs manœuvres ont commencé sur les taux d’intérêt et ont été complétées par des opérations de rachats massifs sur les actifs publiques.

Aux États-Unis, la Réserve Fédérale a en plus siphonné une large part des actifs toxiques  en circulation après la crise des « sub-primes » dans le but de les éliminer à leur échéance. Cela a le mérite d’assainir le marché mais l’inconvénient de l’abreuver de liquidités surabondantes. En Europe, la BCE a emprunté un autre chemin en raison des caractéristiques spécifiques de la zone Euro. Le sauvetage de la Grèce et des Banques Irlandaises, Portugaises et Espagnoles a nécessité de leur accorder des prêts colossaux dont une grande partie n’est pas encore revenue à la BCE. Là encore, cela maintient des montagnes de liquidités supplémentaires dans le circuit financier qui exerce ainsi une forte pression inflationniste sur les actifs côtés.

Ce qui change à présent, c’est que d’une part les marchés sont très haut perchés et qu’en plus, ces deux institutions doivent désormais inverser le processus pour éviter la formation de bulles spéculatives qui sont extrêmement dangereuses pour les Banques et les Etats. Le rétablissement de l’économie américaine et son installation sur une rythme de croissance satisfaisant est vu par les marchés comme un signal de la fin progressive des aides de la Fed. Ainsi, leur principale raison d’acheter disparaît avec cela.

En Europe, les problèmes sont différents avec notamment un système bancaire pléthorique qui se fait concurrence avec l’argent publique de la BCE. Comme les investisseurs ne voient plus de raisons d’acheter alors ils vont vendre ! Même la proximité de la fin de l’année et son cortège d’opérations d’habillages de bilans ne soutient plus les marchés. Alors, que dire des investisseurs et des gérants qui préfèrent attendre 2014 pour procéder à des prises de bénéfices pour ne pas payer trop d’impôts ? Il y a un risque de ne plus avoir de plus-value du tout ! 

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