Trusts, monopoles... et le "gros bâton" de Roosevelt.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissancedu monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!

Chapitre 7.

Après la guerre de Sécession, qui fut suivie, très peu d’années après, par les guerres prusso-autrichienne de 1866 et celle de 1870-1871 entre la France et la Prusse(fondation à Versailles de l’Empire d’Allemagne), il y a eu un boom économique important. Cela est venu de l’explosion du chemin de fer, qui changea complètement le système de production et de transport des biens, en en réduisant le coût. Avec la découverte d’or en Afrique du Sud, notamment dans la partie du Transvaal contrôlée par les anciens colons néerlandais repoussés vers l’intérieur par la création de la colonie anglaise du Cap, avec d’autres découvertes d’or dans les contreforts del’Alaska, à l’Ouest du Canada et de façon assez massive en Californie, le numéraire s’est mis à arriver de façon plus abondante dans les économies du monde.  

Cela a permis de justifier la création du chemin de fer transcontinental reliant l’Est et l’Ouest des Etats-Unis, unifiant, aux dépens des Indiens, cette nation toute nouvelle. Les compagnies de chemins de fer, qui ont obtenu des monopoles de fait, notamment en Amérique du Nord, en plus des terres immenses qui leur ont été accordées, et qui ont été revendues, valorisées, avec de gros profits fonciers, ont été très vite rentables, en Amérique du Nord, comme dans l’Europe occidentale. Du coup, elles ont été de gros investisseurs institutionnels, créant, grâce à leur épargne et à leurs profits, d’autres entreprises, notamment dans le domaine des assurances, qui étaient balbutiantes avant la fin du XIXe siècle. L’unification des marchés intérieurs était d’autant plus facile qu’une partie significative des coûts de construction de voies de chemins de fer a été assurée par les Etats, qui ont, de par l’enseignement de 1870, tiré de gros enseignements militaires de la flexibilité des déploiements de troupes grâce à ces lignes de chemins de fer. 


Des nouveaux riches, immensément riches.

Des fortunes immenses se sont créées, en quelques décennies seulement. Cornelius Vanderbilt, formidable réussite dans les chemins de fer, a pu ainsi marier l’une de ses filles à l’héritier d’un des plus grands noms britanniques (le duc de Marlborough), devenant de facto, le grand-père du futur Winston Churchill. Avec l’argent gagné aux USA, on entretenait les châteaux au Royaume-Uni, c’est un mouvement de balancier qui fut plaisant pour ces anciens pauvres immigrants qui ont fait fortune rapidement. Aujourd’hui encore, la Mellon Bank est l’un des principaux banksters de New-York, c’est Andrew Mellon, mort en 1937, qui fut l’un des principaux banquiers d’Andrew Carnegie, magnat de l’acier. Ces fortunes se sont faites aussi dans le domaine de l’industrie agroalimentaire. Washington Duke a créé, à partir de Caroline du Nord, une énorme entreprise de tabac, qui est aujourd’hui toujours célèbre, puisque ses marques (dont une s’inspire du nom ‘so british’ du duc de Marlborough) sont devenues les principales dans le monde, ayant progressivement effacé les marques nationales telles que nos pauvres Gauloises et autres Gitanes. Comme il fallait exploiter les terres nouvelles, Syrius Mc Cormick a créé des machines agricoles qui se sont vendues, grâce au chemin de fer, partout où il y avait la possibilité de les envoyer. Philip Armour, marchand de bestiaux de la région de Chicago, envoyait des wagons complets voire des trains entiers de viande, sur pied, les faisait abattre sur place, et a gagné beaucoup d’argent, toujours grâce au chemin de fer, de cette manière. Le groupe Sears établi au cœur des Etats-Unis, a réussi parce que, outre son grand magasin, il a instauré un catalogue de vente par correspondance, diffusé partout en Amérique du Nord, l’expédition des colis se faisant via les lignes de chemins de fer.

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