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La réflexion marxiste s’est inspirée de la "guerre de Sécession".
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissancedu monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettrade relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 6.
Ce qui est extraordinaire, c’est que, dans nos pays, on étudie que très peu l’économie et encore moins les conséquences économiques des guerres. On connaît plus ou moins les conséquences de la guerre de 1914-1918, qui a amené une forte inflation (l’affranchissement d’une lettre coûtait 0,000228 € en 1914, 0,63 € aujourd’hui, 0,66 € en 2014, une multiplication par presque 2.900 en un siècle, la période “euro” étant la seule période longue sans inflation !), et la ruine, du fait de l’effondrement de la Russie tsariste, des épargnants français, qui avaient également prêté leur or à l’Empire ottoman et n’ont pas revu leur argent. Les Allemands furent ruinés eux aussi, car ils n’ont pas pu payer les indemnités liées à la destruction de plus de dix départements français sans oublier la reconstruction de la Belgique. Le phénomène économique le plus important du XIXe siècle n’a pas été les guerres européennes menées par Napoléon, somme toute classiques, qui se sont «payées sur la bête», mais qui n’entraînaient pas une mobilisation générale des pays concernés, à de très rares exceptions près, dont la Prusse.
Fournisseurs sans foi ni loi.
La guerre de Sécession, entre 1861 et 1865, a eu des conséquences beaucoup plus importantes. Les Etats du nord des USA ont imprimé énormément de monnaie pour acheter tout ce qu’il fallait pour fournir ses troupes, amenant une aisance et une prospérité jamais vues sur l’ensemble de la partie nord de l’Amérique. La guerre civile américaine a eu des conséquences particulièrement fortes sur l’ensemble des économies du monde. En effet, le blocus nordiste sur les ports du sud des Etats-Unis, très efficace, a amené une hausse colossale du prix du coton et, pour les puissances européennes, le désir de s’affranchir de cette dépendance, un peu comme, cinquante ans auparavant, le blocus britannique sur le commerce du sucre de canne, venant des Antilles, avait amené le développement du sucre de betterave. Les cotonnades furent remplacées, dans beaucoup de pays, par des vêtements en lin, et par d’autres récupérations. Il y a eu également la mise en place de plantations de coton sur certains pays d’Afrique, à titre embryonnaire, ainsi qu’en Asie, notamment dans l’Empire des Indes, pour ce qui concerne les Britanniques. Il faut savoir que le prix du kilo de coton n’a jamais été aussi élevé, dans l’Histoire, qu’au moment de la guerre de Sécession. Il est monté à un niveau qui n’a été rattrapé, en dollars, qu’au début des années 2010, et, encore, très provisoirement. Au début de la guerre de Sécession, les industriels des Etats du Nord de l’Amérique ont fourni les troupes en produits avariés, qu’il s’agisse de nourriture, de cartouches, ou tout simplement de vêtements de très mauvaise qualité. Cela n’a pas pu durer, du coup, l’industrie, forte des dollars imprimés massivement par la Réserve fédérale afin de financer l’effort de guerre, a investi, et s’est constitué une force énorme, notamment en ce qui concerne la sidérurgie, dans la région nord de la Pennsylvanie.
Das Kapital, 1867.