Les nouveaux métiers de l’Internet nécessitent des profils atypiques

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Emmanuel Stanislas, fondateur de Clémentine : «Le marché est tellement en pénurie sur certains profils que cela continue de recruter.»

Le sujet concerne tout le monde, les professionnels évidemment, mais aussi les parents qui réfléchissent à l’orientation de leurs enfants, ainsi que tous ceux qui souhaitent migrer vers les métiers du Web. Or, l’Education nationale ne peut pas former aux carrières de l’Internet, car les technologies évoluent en permanence. Comment un cabinet de recrutement arrive-t-il à sélectionner des profils et quels sont les talents recherchés ? Nous abordons cette question avec le leader de la chasse de têtes dans le domaine de l’informatique et du Web. Fondé en 2000, Clémentine est un cabinet de recrutement spécialisé dans la recherche et l’évaluation de profils évoluant dans les métiers de l’Internet, de l’informatique et des télécoms. Seul cabinet en France à avoir obtenu à la fois une certification NF Service «Conseil en Recrutement» délivrée par l’Afnor, ainsi que la certification ISO 9001, Clémentine respecte des normes éthiques et professionnelles très strictes. Expert des métiers du Web, Clémentine accompagne la croissance de jeunes pousses, comme des champions du commerce en ligne, des éditeurs de logiciels, des sociétés de conseil et d’intégration, ainsi que différents organismes du secteur public. Basée à Paris, la société emploie aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs. Emmanuel Stanislas, fondateur de Clémentine, répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : L’analyse du marché du recrutement permet aussi de mesurer l’état d’un secteur. Quelle est la situation en cette fin d’année 2013 ?

Emmanuel Stanislas : Nous sommes sur plusieurs secteurs : l’informatique, les télécommunications et l’Internet. Pour ce qui est des télécoms, entre la baisse des prix et la maturation du marché, nous avons beaucoup moins de recrutements. Nous sommes passés dans une ère plus industrielle, en phase de consolidation, on voit bien les difficultés des opérateurs de télécommunications. Sur la partie télécoms de notre activité, nous sommes sur un marché difficile, notamment parce qu’il n’y a pas eu de grandes ruptures technologiques comme il y a cinq ans autour de la voix sur IP. Il y a eu trois grandes vagues : la déréglementation des télécoms, l’arrivée des fournisseurs d’accès à l’Internet et la voix sur IP, qui ont créé des nouveaux métiers et des nouveaux employeurs. C’est fini. Pour ce qui est de l’informatique, c’est évidemment un très large domaine, c’est donc très variable d’un secteur à l’autre. Je dirais que les investissements diminuent depuis quelques années dans le monde de l’informatique. Il n’en demeure pas moins qu’il y a un certain nombre d’investissements qui sont conservés, avec un nouveau secteur d’activité, comme le Cloud computing, ou avec des nouveaux métiers autour du Big Data, c’est-à-dire ceux qui savent gérer et donner du sens aux énormes volumes de données. Donc, même si cela recrute moins dans l’informatique, le marché est tellement en pénurie sur certains profils que cela continue de recruter.

Je pense notamment aux développeurs et c’est ce qui explique l’émergence de nouvelles écoles dédiées au développement informatique. Enfin, le secteur qui se porte bien, c’est le secteur du Web. Les grands du Web se portent mieux que les grands de l’économie traditionnelle. Ils continuent de croître, alors que nous n’avons plus de croissance depuis longtemps dans l’économie traditionnelle. Les jeunes pousses continuent de recruter puisqu’elles trouvent des financements, donc cela crée des emplois. Le grand mouvement du digital, c’est l’arrivée des grandes entreprises. Les très grands groupes s’y sont mis et les entreprises de taille moyenne sont contraintes de se lancer dans le digital et donc de rechercher des compétences. On assiste ainsi à la digitalisation de toute l’activité économique française. Nous sommes quand même dans un contexte économique difficile, cela n’a rien à voir avec les très grandes années, mais il y a de la demande pour certains profils. J’observe que l’on porte un intérêt fort à ceux qui ont un parcours dans l’économie dite Brick and Mortar (commerce physique et commerce en ligne), afin que ces gens puissent s’intégrer et participer à la transformation de la société qui va être de plus en plus sur plusieurs canaux.


L’organisation de ce secteur en matière d’éducation, de formation, de recrutement et de compréhension des métiers est-elle maintenant satisfaisante ?

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.