⟵ Retour
Gare à l’excès de confiance !
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le président sortant de la Banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke n’est pas tombé de la dernière pluie. Maîtrisant parfaitement sa communication avec les marchés, il vient de distiller indirectement un signal à Wall Street qu’il ne la laisserait pas s’embarquer dans une nouvelle « exubérance irrationnelle », tant qu’il est en place. En affirmant à l’occasion de la publication des « minutes de la Fed » qu’une réduction des aides à l’économie deviendrait « possible » si le marché de l’emploi continuait de s’améliorer (situation largement anticipée actuellement), il met en garde les spéculateurs haussiers contre toute forme de bulle haussière excessive. C
e faisant, il prend le contre-pied total de sa remplaçante qui imprudemment, venait tout juste d’affirmer exactement le contraire, provoquant une véritable flambée des cours sur les marchés américains. Les Etats-Unis commençant à peine à sortir des effets désastreux de la longue crise des « sub-primes » et de la restructuration de son secteur bancaire à la hussarde, il serait suicidaire de laisser une bulle se former dont l’éclatement anéantirait tant d’efforts et de souffrances vécus par les américains. Ainsi, au cours des séances à venir, les opérateurs dominants sur le marché vont de plus en plus hésiter à aller chercher de nouveaux records ce qui laisserait le champ libre aux vendeurs à découvert impatients de vouloir tirer profit des hausses trop rapides de ces dernières semaines.
Naturellement, le danger dans ce type de marché c’est le syndrome du vélo : dès qu’on arrête de pédaler, on tombe ! Il ne faudrait pas perdre de vue que la raison principale de la hausse de cette année est la politique monétaire des Banques centrales et leurs rachats d’actifs ! Les investisseurs et les spéculateurs achetaient des actions parce la Fed et la BCE achetaient des obligations ! En Europe, l’écart de compétitivité s’est encore creusé entre le Nord et le Sud qui reste plombé par une dette publique non maîtrisée. A cela, il faut ajouter la fragilité persistante d’un système bancaire maintenu à bout de bras par la BCE.
On est encore très loin des ratios de solvabilité préconisés par les accords de « Bâle III » alors que les banques US s’en sont rapprochées nettement après trois ans d’intenses efforts de restructuration. En France, le gouvernement se trouve d’ores et déjà dans une impasse fiscale et tente de s’en sortir avec le lancement d’un projet de « refonte de la fiscalité ». Dans un marché baissier, la France serait attaquée violemment par la spéculation baissière alors que le gouvernement s’est déjà montré fébrile dans cette phase pourtant très favorable des marchés.
Du point de vue technique, le Cac 40 vient de donner des signaux très clairs annonçant l’imminence d’un retournement de tendance à la baisse alors que l’on est encore en zone de records historiques. Le dernier rempart se trouve au niveau du support des 4.200 points qui en cas de cassure validerait la figure d’un sommet de retournement. Il faut oublier les 4.400 et se contenter des 4.356 points du 6 novembre comme objectif (déjà) atteint ! Même dans le cas d’une poussée haussière surprise, on ne serait pas à l’abri d’un retournement brutal du marché.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.