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Boom, bulle, krach, dépression... et le cortège qui va avec. De vieilles histoires déjà.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 5.
Avec la révolution industrielle, on a construit des usines, il fallait acheter des machines, et également fournir de l’énergie à ces machines, creuser puis exploiter des mines de charbon… Tout cela coûtait cher, cela nécessitait un gros capital. Du coup, seuls les riches propriétaires fonciers, le plus souvent, et des commerçants aisés, ce sont retrouvés dans beaucoup de régions, à la tête des usines, employeur principal sinon unique de l’ensemble de la masse laborieuse du secteur en question. En théorie, comme nous avons pu le voir dans les chapitres précédents, le marché du travail se trouve relativement libre, les employeurs se disputent les compétences, la main-d’œuvre, afin de faire tourner leurs usines.
Dans la réalité, au début du XIXe siècle, la plupart du temps, des centaines voire des milliers d’ouvriers n’avaient comme seul interlocuteur qu’un seul patron, qui fixait comme une sorte de droit divin le salaire, souvent extrêmement faible, insuffisant pour pouvoir réellement vivre, avec des conditions de travail misérables, des journées de quinze, seize voire même dix-huit heures, le travail des enfants. Ce n’est pas un économiste qui vous décrira cela, les romans de Charles Dickens, qui commença à travailler en 1824 à l’âge de douze ans, racontent par le menu détail tout ce qui a été le dur labeur de cette condition ouvrière, souvent extrêmement jeune.
Dans ce capitalisme balbutiant, il n’y avait bien entendu aucune planification. Quand on demandait davantage de produits, certains entrepreneurs, flairant la bonne aubaine, créaient des usines, et, s’enrichissaient, ce qui était tout à fait normal et naturel. Ceci dit, on ne peut pas faire manger deux fois le même repas à une personne, et encore moins trois, quatre ou six fois. A un moment, la production ne trouva plus d’acheteurs. C’est le fameux cycle du boom, suivi d’une bulle et d’un krach… avec une reprise, souvent sur les décombres et la concentration des usines qui avaient été créées le plus récemment, et où les entrepreneurs n’avaient pu tenir, leurs outils se retrouvaient sur le marché, à l’encan, pour une somme modeste souvent symbolique par rapport au coût d’acquisition de l’outillage où à celui de la construction de l’usine.
Cycles capitalistes, encore aujourd’hui.