L’ancien ministre défend le bien fondé de l’écotaxe

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Dominique Bussereau, député UMP de Charente-Maritime :«Ce n’est pas parce que je suis un député de l’opposition aujourd’hui, que je vais contester ce que j’ai voté hier.» 

Dominique Bussereau a occupé plusieurs fonctions ministérielles, il est député UMP de Charente-Maritime et président du Conseil général. La semaine dernière, il a eu le courage de défendre à l’Assemblée nationale l’écotaxe et le partenariat entre l’État et Ecomouv’. Une attitude plutôt honnête de sa part car la plupart des élus qui avaient soutenu l’écotaxe ont fait semblant de découvrir cette taxe et d’être scandalisés... Dominique Bussereau a notamment rappelé  : «Pour percevoir cette taxe, nous avons mis en place un partenariat public-privé parce qu’il n’était pas question d’embaucher un millier de fonctionnaires supplémentaires et que, de surcroît, il s’agit d’un travail très spécifique qui nécessite des compétences très complexes». Ensuite, «la seconde question que se posent nos concitoyens concerne les 20%. Certes, c’est un taux élevé, mais on a choisi de ne taxer que 15 000 kilomètres de routes, soit 1% du réseau routier français, et au taux le plus bas possible pour les entreprises et les consommateurs. Mais quand l’assiette est faible, le coût de perception est évidemment plus important au début». Dans ce contexte, «tout a été fait dans la transparence et dans l’intérêt des Français.» Dominique Bussereau répond à nos questions.


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Dominique Bussereau : Je pense en effet que ce spectacle gravissime, alors que l’on approche du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale, ce type d’agissement est bien triste. J’ajoute à cela, même si, naturellement, les faits ne sont pas de la même gravité - car il n’y a pas eu intention de tuer ou de blesser - ce qui s’est passé lors des cérémonies du 11 novembre, Place de l’Étoile. Tout cela donne le sentiment d’une déliquescence, d’une montée des extrêmes, et c’est pour moi un très triste 11 novembre pour la France et pour les valeurs qui réunissent les Français.


Les politiques ne sont-ils pas responsables de cette situation en jouant le jeu de la société médiatique, qui consiste à réagir en permanence à travers des petites phrases pour passer sur BFM TV ou I Télé ? Lorsque l’on voit le chef de l’Etat répondre à une jeune gamine, peut-être que pour certains il n’apparaît plus comme le président de la République…

Aujourd’hui, il y a une pression médiatique sur les responsables publics. Cela concerne tous les niveaux car la pression médiatique existe aussi sur le maire d’une ville qui voit tous les jours sur le site Internet de son quotidien régional des commentaires extrêmement désagréables et «courageusement» anonymes après un article sur l’action de la municipalité. Il est vrai que l’information permanente - auparavant, c’était uniquement en radio, aujourd’hui elle est sur Internet et à la télévision - fait que tout événement est assuré d’un minimum de médiatisation, cela peut donc donner des idées à des cinglés. Puisque l’on parle de la Première Guerre mondiale, je pense à la Deuxième Guerre mondiale : imaginons qu’Internet ait existé pendant l’occupation nazie en France, on imagine tout de suite les dérives que cela aurait pu engendrer en termes de dénonciations anonymes... Il faut que tout le monde, y compris les citoyens, apprenne à maîtriser cela. Le premier point serait que la presse écrite n’accepte que les commentaires émanant de personnes signant sous leur véritable identité.

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