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Thomas Malthus : l’inspirateur secret de la "dame des trente-cinq heures" et de Flanby 1er.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 4.
Certains râleurs vont se dire que parler de Thomas Malthus, qui vécut entre 1776 et 1834 est quelque chose d’assez inutile, puisqu’il s’agit de «vieilles lunes». Pourtant, les doctrines fondamentales qui ont été étudiées et mises en avant par ce monsieur Malthus, qui a donné le nom de malthusien, sont aujourd’hui encore à l’origine de nombreuses politiques gouvernementales, notamment en France, notamment lorsque le Parti socialiste est au pouvoir, et imprègnent de façon forte l’esprit général. Il y a quelques années de cela, Mme Martine Aubry, lorsqu’elle a mis en avant les 35 heures, visait la division du travail plutôt qu’à l’augmentation du nombre de travailleurs, en raison du principe malthusien.
L’ouvrage principal de Malthus «Essai sur le principe de population», fut publié en 1798. Il indiquait, et c’était la base de sa théorie, que la population avait tendance à doubler, rapidement, en quelques décennies, selon une croissance géométrique qui, vu l’incapacité qu’il y avait à multiplier la production de nourriture, les terres n’étant pas extensibles, allait se trouver contrainte par une baisse de l’approvisionnement, la croissance géométrique de la population ne correspondant, au mieux, qu’à une croissance arithmétique, beaucoup plus modeste, de la nourriture. A terme, le résultat serait la famine, et, ipso facto, des guerresimportantes, des baisses de population en résultant.
Pour Malthus, le progrès n’est pas bon.
Pour Malthus, le progrès ne fait qu’empirer les choses. Seules la maladie et la guerre, les épidémies permettent de garder un certain équilibre de la population, des bras productifs, de l’approvisionnement. Si l’on nourrit les affamés, il y aura encore davantage d’affamés demain, il faut donc laisser manger ceux qui ont de la nourriture, sans redistribuer. Malthus a tout à fait raison de constater qu’il n’est pas possible, sur une planète finie, d’avoir une croissance de la population infinie. Ceci étant dit, il y a aujourd’hui plus d’un milliard d’habitants en Afrique, et force est de constater que cette population est aujourd’hui bien mieux nourrie que, il y a cinquante ans, lorsqu’il n’y avait que deux cents millions d’africains. La population se règle, selon Malthus (il était pasteur de l’Eglise protestante), uniquement en fonction du mariage ou du non-mariage des gens, des épidémies et des guerres, alors que, dès le début du XIXe siècle en France, on a pu constater que la régulation des naissances a fait des progrès, au fur et à mesure que la prospérité a amené des héritages à partager, et le désir de transmettre un niveau de vie au moins équivalent à celui que l’on avait connu soi-même.