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Un climat économique et social difficile pour le marché immobilier
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sandrine Allonier, porte-parole de Meilleurtaux.com :«Nous sommes encore dans un climat attentiste.»
Le début du mois de novembre a été marqué par deux événements. D’abord, la Banque centrale européenne a abaissé son principal taux directeur à 0,25%, qui passe ainsi de 0,50% à 0,25%, un plancher historique. Cette décision permet de réaffirmer que les taux de crédit immobilier devraient rester stables dans les semaines à venir et à un niveau très avantageux. Cependant, le lendemain, l’agence Standard & Poor’s a dégradé d’un cran la note de la France à AA : à l’inverse, cela pourrait entrainer une hausse des taux d’emprunt d’État français et contrebalancer la baisse du taux directeur de la BCE à 0,25%. Que faut-il penser de ces annonces ? Sandrine Allonier, porte-parole de Meilleurstaux.com, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : L’agence Standard & Poor’s a dégradé d’un cran la note de la France à AA, pour la deuxième fois en deux ans. Cette sanction va-t-elle avoir un impact sur les taux de crédit immobilier ?
Sandrine Allonier : En effet, c’est une crainte que l’on pouvait avoir de façon légitime. La dégradation de la note de la France est un signal négatif pour les investisseurs, qui pourraient percevoir la France comme un pays moins sûr, face à des pays notés AAA comme l’Allemagne. Il y a donc le risque que les taux d’emprunt d’État, sur lesquels les taux de crédit sont calqués, augmentent.
Or, nous avons constaté, depuis l’annonce de la dégradation, que le taux d’emprunt de l’État n’a pas augmenté. Finalement, la réaction des marchés a été assez mesurée et, pour l’instant, on ne constate pas une hausse des taux d’emprunt : donc, rien ne devrait inciter les banques à remonter leurs taux pour l’instant, d’autant que la décision de la BCE - qui avait été annoncée la veille - d’une baisse de son taux de 0,25%, est venue contrebalancer cette mauvaise nouvelle. Finalement, alors que l’on craignait une réaction plutôt négative, elle n’est pas encore d’actualité et, si hausse il y a, et c’est encore possible, les banques pourraient ne pas répercuter totalement cette hausse, car elles disposent actuellement de marges convenables, avec un coût du risque maîtrisé. On peut s’attendre à ce que les banques, dans un contexte de demande de crédits relativement atone, décident de n’augmenter que très faiblement leur taux.
La fronde sociale et la colère des Bonnets rouges peuvent-elles avoir une répercussion sur le dynamisme du marché immobilier ?