Il faut mieux relire Adam Smith pour comprendre notre société capitaliste...
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 3.
Malheureusement, dans la spécialisation de l’économie, on a oublié la phase lecture, et, pour Adam Smith, comme pour d’autres auteurs, on a complétement oublié delire l’intégralité de l’œuvre, on s’est contenté de survoler quelques extraits, et, malheureusement, cela n’a pas pu permettre d’en tirer de vrais gros enseignements. Dans ses ouvrages, Adam Smith était assez clair, tout ce qui était monnayable pouvait être du ressort de l’initiative, sans intervention excessive de l’Etat, par le jeu de la concurrence, la fameuse « main invisible du marché ». Pourtant, il existe, comme l’a souligné l’auteur écossais, des services indispensables qui ne sont pas obligatoirement monnayables, tels que la salubrité publique, le nettoyage des rues, la protection des frontières, tout un tas de choses qui sont du ressort du gouvernement, qu’il soit local, régional, ou national. Même s’il serait exagéré de dire que l’économiste écossais était colbertiste, la lecture attentive de ses écrits montre bien que le gouvernement a de nombreuses taches à faire, comme la régulation des banques, et la vérification de leur solvabilité, la délivrance des brevets, leurs protections, la protection de l’innovation et des nouvelles industries, celle des salariés car ils sont faibles face à leurs employeurs, les industries stratégiques, notamment celles nécessaires à la guerre…
Tout cela, c’est du ressort du gouvernement, tout comme la mise en place de systèmes de salubrité publique, permettant une hygiène et la lutte contre les maladies, les épidémies. Adam Smith voulait notamment que le gouvernement veille à plafonner le taux d’intérêts, pour éviter que les investisseurs oublient les risques, en se faisant miroiter des intérêts trop importants, ne permettant pas la location des actifs, mais, dans la plupart des cas, une vaste escroquerie. Celui qui lit attentivement Adam Smith découvrira que c’était également un révolutionnaire. Les profits sont les ennemis des salaires, du moins les gros profits, selon Adam Smith. Les salaires font tourner l’ensemble de l’économie, les profits, lorsqu’ils sont distribués, aussi, mais il ne faut pas uniquement permettre au capital-risqueur de récupérer l’essentiel de la valeur ajoutée, il faut, pour le long terme, que la force de travail soit correctement rémunérée. Il faut savoir que les sociétés ont besoin que le travail puisse permettre de sortir de la misère, qu’il soit incitatif à la formation, au progrès, à l’instruction.
Le travail et le capital.
Les vrais salaires, lorsqu’ils sont adaptés à la richesse qui est produite, permettent de récupérer un certain pouvoir d’achat, ce qui crée des débouchés pour les productions industrielles ou agricoles. Adam Smith a théorisé la société de plein emploi, avec une concurrence entre les capitalistes pour récupérer des bras, des travailleurs, afin d’avoir des salaires qui soient corrects. De la même manière que pour la vente de produits, la concurrence est utile, dans le domaine de la formation comme dans le domaine de l’emploi industriel ou des autres travaux, s’il y a plusieurs entrepreneurs qui veulent gagner de l’argent grâce au travail des autres, ils ne récupèreront ces travailleurs que s’ils offrent une rémunération supérieure à celle de leur voisin, un autre entrepreneur. En lisant Adam Smith, on comprendra tout également sur la tendance monopolistique, sur les ententes, qui doivent être, selon l’économiste, combattues, par la force publique, par le gouvernement, afin d’éviter des ententes sur des prix trop élevés, ou des salaires trop bas. De la même manière, le mercantilisme, permet, à de riches entrepreneurs de convaincre le pouvoir politique de subventionner certaines productions ou d’établir des droits de douane trop protecteurs, afin de leur garantir une sorte de rente indue.
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