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Entretien exclusif avec le rapporteur de la loi sur les retraites et spécialiste des questions économiques au PS
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pascal Terrasse, député PS de l’Ardèche : «Une partie de l’épargne des Français doit être rendue active pour profiter au développement économique.»
Pascal Terrasse est député PS de l’Ardèche et rapporteur de la loi sur les retraites pour la commission des finances de l’Assemblée nationale. Il a l’image d’un socialiste pragmatique, ouvert au débat et de bon sens. Les experts estiment qu’il pourrait même constituer un recours pour François Hollande, dans l’hypothèse d’un virage économique du gouvernement. Pascal Terrasse nous livre un scoop dans cet entretien : son intention de créer une structure qui orienterait l’argent de l’épargne vers les petites entreprises françaises.
L’Hebdo-Bourseplus : On nous explique qu’un texte sur les retraites est toujours très sensible et qu’il est même susceptible de faire sauter un gouvernement. Évidemment, on entend formuler quelques critiques, mais il ne semble pas y avoir un grand mouvement national de mobilisation comme si, dans l’esprit des Français, de droite comme de gauche, tout le monde s’était fait à l’idée que de toute façon, il faut faire quelque chose…
Pascal Terrasse : La réalité est assez simple. Lorsque le Conseil national de la Résistance a décidé de généraliser la retraite à l’âge de 65 ans, l’espérance de vie était d’environ sept ans et il y avait dix actifs pour deux retraités. Dans quelques années, nous allons passer à trois ou quatre actifs pour un retraité. On voit que le ratio est de plus en plus faible. Il faut retrouver un équilibre et, s’il y a plus de retraités que d’actifs, tout le monde comprend que cela ne fonctionne pas. En même temps, l’espérance de vie après la retraite est de 22 ans pour les hommes et de 24 ans pour les femmes. Cela veut dire que si l’on ne prend pas des mesures fortes, on se retrouvera obligatoirement dans une situation pire que celle que nous connaissons. Je voudrais rappeler que les deux précédentes réformes des retraites n’étaient pas financées et c’est d’ailleurs le reproche que nous avions fait. Nous avons pris des mesures, qui sont certes douloureuses, mais si nous n’avions pas pris ces mesures, il n’y aurait plus eu de quoi financer les retraites demain.
Vous avez aussi voulu répartir les efforts entre davantage de cotisations et une durée plus longue de travail …
Nous avons estimé qu’il était absolument nécessaire d’aller vers une répartition juste et équitable. On ne pouvait pas dire que seuls les salariés devaient contribuer, que seules les entreprises devaient contribuer, ou que seuls les retraités devaient payer l’ineptie des réformes précédentes. Nous avons décidé de répartir les contributions. Il y a une contribution qui est demandée aux salariés à travers une cotisation sociale de 0,15% sur leur salaire, il y a une cotisation de 0,15% qui est demandée aux entreprises, et les retraités verront leur pouvoir d’achat augmenter annuellement mais avec un décalage dans le temps : au lieu d’avoir leur augmentation au 1er avril, elle se fera au mois d’octobre, toujours selon l’indice du coût de la vie.
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