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Les banques : une invention italienne. Les banques modernes : une invention néerlandaise.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous poursuivons cette semaine une longue série d’articles “didactiques” qui sont destinés à parfaire votre connaissance du monde économique, et de l’Economie. Bien entendu, in fine, ces articles seront réunis dans un ouvrage qui vous permettra de relire, d’offrir à un étudiant, de partager ce savoir. Bonne lecture !!!
Chapitre 2.
De tout temps, il a fallu faire du commerce, et, pour faire du commerce, avoir la sécurité d’être payé des marchandises que l’on vendait, que l’on exportait parfois. Transporter de l’or, de l’argent ou autres monnaies physiques, c’est à la fois lourd, risqué, et coûteux. Les routes d’Europe, les voies maritimes n’étaient pas très sures. C’était notamment spécialement le cas au Moyen Age. Du coup, les encaisses or d’un endroit pouvaient permettre, sur d’autres endroits, de ne faire circuler qu’un billet, dit billet à ordre, ou encore billet de banque, qui permettait d’ouvrir un crédit à une banque de Lyon et dépenser l’argent sur une foire de Champagne, et, dans ce métier, les banquiers les plus réputés du Moyen Age furent les Lombards, banquiers italiens qui ont régulièrement commercé, de manière forte et importante. Parmi les grandes banques, on peut citer aussi l’Ordre des Templiers, qui avait accumulé beaucoup de richesses de ses établissements en Terre Sainte et de leurs commerces avec les autres pays d’Asie, via la Terre Sainte ou via les îles de Rhodes ou de Chypres.
Cette immense richesse a fait d’eux des prêteurs pour le Trésor royal français, d’où, par facilité, la persécution des Templiers au début du XIVème siècle, il est plus facile d’assassiner son banquier que de rembourser, nous connaissons bien évidemment, encore aujourd’hui, le même genre d’attitude de la part d’Etats qui font faillite, il n’y a pas eu que la Grèce dans l’histoire, c’est arrivé à plusieurs reprises à l’Allemagne, au cours du XXème siècle. Petit pays aux grandes ressources propres, la Zélande, ce que l’on appelle aujourd’hui les Pays-Bas, naguère une possession espagnole, a développé ses richesses par le commerce, par le développement de comptoirs, par les échanges d’épices, et d’autres matières précieuses.
C’est plus facile d’assassiner son banquier que de le rembourser.
C’est en Hollande que la grande spéculation sur les tulipes a donné lieu à des richesses subites, et, malheureusement, des effondrements aussi importants et aussi rapides. Les Hollandais, à travers leurs compagnies de commerce, des compagnies maritimes bien évidemment, ont organisé des flux importants entre l’Europe et la Chine, entre l’Europe et le Japon, entre l’Europe et l’Amérique, ce sont eux qui sont à l’origine de la fondation de la ville de New-York, préalablement nommée Nouvelle-Amsterdam. Il est bien évident que la prospérité néerlandaise a créé des jalousies. En France, après la période de guerre civile très longue que l’on a connue sous le nom de « guerres de religion » et qui ne se sont achevées que sous Richelieu et Louis XIII, le roi Louis XIV, une fois devenu majeur et seul aux affaires, a décidé d’industrialiser le pays, avec un investissement étatique de manière à ce que l’argent français ne soit pas exporté, pour des biens que l’on était capable de fabriquer chez nous. On a donc mis en place des taxes sur les importations (droits de douane), des réglementations fortes pour augmenter la qualité de la production française, et des aides à tout ce qui pouvait servir à être exporté, notamment avec la création de compagnies maritimes de commerce, ou de ports adaptés, comme la création de la ville de Lorient, en Bretagne.