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Agro-alimentaire : un secteur où les PME familiales prospèrent.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Nous avons déjà, il y a quelques années, fait le tour des entreprises du champagne, des vins et spiritueux, et étudié les géantsque sont Nestlé ou encore Danone... Avant de passer au fromage (Bongrain, Bel...) et de revenir aux boissons de qualité, cette semaine, nous nous attachons à la “poule au pot” (LDC), aux légumes (Bonduelle) qui l’entoure et aux entrées (charcuterie, salades composées...) de Fleury Michon. Bon appétit !!!
Agro-alimentaire : mal-aimé par le marché ? Pas toujours. En Bourse, tout le monde connaît Danone, tout le monde connaît Nestlé, et peu de gens connaissent des PME, souvent de tailles honorables, qui ont des places significatives, et qui sont aujourd’hui en forte croissance, bonne rentabilité. La société Bonduelle, tout le monde connaît les produits, les marques (Bonduelle, Cassegrain, D’Aucy…). C’est le numéro un européen des légumes surgelés et en conserves, le numéro un européen des saladestraiteurs, des produits frais, des salades préparées, essentiellement des salades prêtes à l’emploi, et des produits préparés essentiellement avec des légumes. Entreprise du Nord de la France à l’origine, Bonduelle s’est internationalisée, en Allemagne d’abord, en Italie, dans le reste de l’Europe, et cherche désormais à s’américaniser, au prix d’un certain nombre d’acquisitions, tout en gardant, bien évidemment, son encrage nordique.
Lorsque le groupe Bonduelle a été introduit en Bourse, le chiffre d’affaires était inférieur à ce qui est aujourd’hui le résultat annuel courant, pour l’exercice qui s’est terminé au 30 juin 2013. Même si la marge opérationnelle courante a légèrement diminué, puisque le résultat opérationnel courant n’a augmenté que de 4,7% alors que le chiffre d’affaires a progressé de 7,3%, le résultat net part du groupe a progressé de 11,5%, à 52,1 millions. L’entreprise, qui finance ses acquisitions externes par l’endettement, a réussi à ramener le rapport entre sa dette nette et ses fonds propres à seulement 101,6%, conformément à ce qui avait été annoncé aux marchés et aux prêteurs.
Malgré la dégradation forte de l’environnement de consommation en Europe, surtout au second semestre de l’exercice (période de janvier à juin 2013), la croissance organique, à périmètre et à taux de change constants, s’est établie à 1,9% pour l’exercice 2012-2013, après déjà 3,2% au cours de l’exercice précédent. L’entreprise ne cesse, d’année en année, de faire évoluer son périmètre d’activité, faisant des acquisitions un peu partout, et notamment, très récemment, avec des surgelés d’Allens, aux Etats Unis, ce qui a ramené une augmentation supplémentaire de 4,5% du chiffre d’affaires.
Bonduelle se développe hors d’Europe.
Hors Europe, la croissance est plus rapide qu’en Europe, et l’entreprise, qui n’hésite pas à annoncer des objectifs à 2025, veut rééquilibrer son activité, et devenir, selon son slogan « le référant mondial qui assure le bien vivre par l’alimentation végétale ». Au moins, le discours est clair ! On n’en fera pas une salade, mais les petits-pois, les carottes, les haricots et les navets, c’est l’affaire de Bonduelle et l’entreprise n’a pas vocation à changer d’avis. La partie non européenne ne représente que 33,5% du chiffre d’affaires, mais elle contribue pour plus de 55% à la rentabilité opérationnelle courante totale du groupe. Du coup, les acquisitions hors d’Europe sont financées par les bénéfices réalisés hors d’Europe. Chaque année, du fait de ses acquisitions, il y a un petit frottement de 2,5 à 3 millions d’euros de frais de restructuration, mais l’entreprise, la plupart du temps, ne casse pas la vaisselle. L’objectif, c’est surtout de mettre les acquisitions aux « normes Bonduelle », et, à partir d’une base forte, la développer, comme pour son acquisition Nord-américaine, avec le but d’arriver, prochainement, comme leader sur l’approvisionnement des supermarchés de demi-gros ou les Wal-Mart.