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Le village le plus dynamique en matière de très haut débit est situé dans les Ardennes
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Michèle Marquet, maire de Chooz (Ardennes) : «Mes prédécesseurs ont mis l’électricité dans les foyers, ils ont amené l’eau dans les foyers. Nous, nous apportons l’Internet pour tous !»
La commune de Chooz, qui compte 770 habitants dans les Ardennes, est la plus numérique de France, puisque ce village rural a été le premier à avoir du haut débit et il est aujourd’hui le premier à bénéficier du très haut débit. En effet, depuis cet été, tous les foyers de Chooz sont éligibles à la fibre optique avec un débit allant jusqu’à 100 Mbit/s. Chaque logement dispose d’un boîtier pour séparer les flux IP et les flux TV qui sont modulés sur des ondes différentes. Pour la TV, les signaux optiques sont également convertis en signaux électriques avant d’être envoyés sur le décodeur Cube de Canalsat. Les anciennes prises coaxiales ont été logiquement remplacées par des prises Ethernet RJ45 et chaque foyer est équipé d’une Box Wifi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, la connexion 100 Mbit/s - et même 200 Mbit/s pour les professionnels - ainsi que le bouquet Canalsat, sont entièrement gratuits, ou presque ! En effet, la commune estime que ce service est inclus dans les impôts locaux. Chooz peut s’offrir ce luxe car elle bénéficie de revenus importants grâce à la centrale nucléaire présente sur son territoire. Michèle Marquet, maire de Chooz, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Votre commune est considérée comme la plus dynamique de France en matière de nouvelles technologies et de numérique, alors qu’elle est de taille très modeste. On entend toujours exprimer les mêmes doléances de la part des maires ruraux : les petites communes sont oubliées en matière de nouvelles technologies... Quel est votre secret ?
Michèle Marquet : Notre secret, c’est d’avoir sur notre territoire une technologie de premier ordre, puisque nous avons une centrale nucléaire. Donc, ce n’est quand même pas rien en termes technologiques et aussi en termes de ressources. Il faut quand même le dire. Cela nous a permis de réfléchir peut-être autrement qu’ailleurs. C’est à la suite de la vente d’un patrimoine commun - je dis commun, c’est-à-dire municipal, à savoir des terres pour la construction de deux tranches de la centrale nucléaire - que nous nous sommes vraiment posé la question : comment va-t-on repartager cet argent ? Cette question, nous nous la sommes posée il y a près de 30 ans. C’était en 1990. Comme nous n’avions que trois chaînes sur le territoire, nous nous sommes dit que l’on allait câbler le territoire et pouvoir faire bénéficier l’ensemble de la population de beaucoup plus de chaînes. En effet, on est passé à près de 100 chaînes ! Mais à la suite de cela, l’évolution s’est vite fait ressentir en raison des possibilités techniques, c’est-à-dire mettre de l’Internet dans notre câble. L’idée est venue comme cela, alors que l’on n’en parlait pas trop encore. On s’est dit que cela allait être de la télévision et de l’Internet. On a bouclé un programme Internet pour tous, avec adresses de courriel et Internet pour tous.
C’était en 2000-2001. Aujourd’hui, on a pu aller au-delà encore dans notre système, c’est-à-dire passer à la fibre, puisque l’on était en coaxial. Les habitants aussi sont très demandeurs. Nous avons contracté en 1990 avec Canal+ car ils étaient les seuls à répondre présents à cette époque après appel à candidatures, appel d’offres… Il y a un an, ils ont encore répondu : on est là, on arrive. Nous avons bouclé un programme très ambitieux et technique pour faire du Triple play, c’est-à-dire avoir de la télévision numérique HD et puis de l’Internet très haut débit et de la téléphonie sur IP.
Vous avez quand même eu l’intelligence, à l’époque où ce n’était pas encore considéré comme une nécessité, de penser au très haut débit, alors que d’autres communes qui ont des magots, des cagnottes, se disent : on va faire un stade, une piscine, un centre culturel…