Espagne : la crise s’en va.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Le gouvernement conservateur espagnol a pris le taureau par les cornes, après une gestion socialiste piteuse (la corruption fut de mise, aussi). Les souffrances et un discours de vérité portent leurs fruits : l’Espagne sort de la récession. Même la “reprise saisonnière”du chômage en septembre a été plus faible que lors des années précédentes.
En 2008, certaines personnes avaient dit que l’Espagne échapperait à la crise puisque son PIB de 1053,2 milliards d’euros en 2007 était monté à 1087,8 milliardsd’euros. En fait, malheureusement pour les Espagnols ce n’était qu’une sorte de « bulle finale » concernant l’immobilier avec, au milieu des années 2000 jusqu’à800.000 logements neufs construits chaque année pour une population de 45 millions d’habitants environ contre 300 à 400.000 constructions annuelles en France comptant 65 millions d’habitants. Avec l’effondrement du secteur immobilier privé d’acheteurs des biens construits, avec l’énorme gaspillage public (des aéroports tout neufs qui n’ont jamais vu atterrir un seul avion), avec des dépenses sociales effarantes sans aucune richesse pour les financer, l’Espagne est tombée de haut et elle est même tombée très bas. En 2012, le PIB espagnol n’était plus que de 1.029 milliards d’euros, l’immobilier ne construisait plus 100.000 logements et les stocks d’invendus sur les bras des banques nécessitaient de très lourds endettements publics afin de renflouer lesdites banques pour éviter qu’elles ne tombent en faillite.
Au troisième trimestre de 2013, grâce pour partie à une excellente saison touristique du fait des émeutes en Turquie, de la guerre civile en Syrie, des événements enÉgypte et en Tunisie, il semble que le pays soit sorti de la récession. La baisse du PIB d’un trimestre sur l’autre était de 0,8% au quatrième trimestre de 2012, de 0,4% au premier trimestre de 2013, de 0,1% seulement au deuxième trimestre de 2013 et sera, selon mes pointages, comprise entre 0,2 et 0,4% au troisième trimestre de 2013, les analystes s’attendant à plus 0,1% seulement, il pourrait y avoir une très bonne surprise, un peu comme pour les plus 0,5%, en France, au T2. En Espagne, même si souvent ce sont des travaux saisonniers, le chômage vient d’amorcer sa décrue. Il y avait un nombre record de chômeurs, supérieur à 5 millions au mois de février dernier. Au mois de juillet, le nombre est tombé à 4,7 millions, il n’était que de 4,69 millions sur le mois d’août 2013 (sans tenir compte du travail au noir, nombreux).
Une balance courante excédentaire.
L’Espagne s’est dopée à la compétitivité et cela se ressent fortement sur sa balance courante. Le déficit de la balance commerciale et de la balance des capitaux était de 9,6% du PIB en 2008. Il est retombé à moins 4,8% en 2009 du fait de la récession qui avait supprimé certaines importations puis, à moins 4,4% en 2010 et encore à moins 3,7% en 2011. Les fortes mesures de compétitivité prises par le gouvernement Rajoy du Parti populaire (droite modérée) ont ramené ce pourcentage à moins 1,9% en 2012, il se transformera en excédent de l’ordre de 1 à 2% du PIB en 2013 ce qui fait que l’Espagne, désormais exporte bien plus qu’elle n’importe. C’est flagrant dans l’industrie automobile où le montage des voitures en Espagne par General Motors, PSA Peugeot-Citroën, Seat (groupe Volkswagen qui monte aussi des Audi), Renault et autres constructeurs, qui ont tous négocié des accords de compétitivité permettant de fabriquer en Espagne, à un coût inférieur par véhicule produit de 700 euros par rapport à ce qui se passe en France, de plus de 1.000 euros par rapport à l’Allemagne.
Au premier semestre de 2013, l’Espagne a fabriqué sur son sol davantage de voitures et de camionnettes que la France, c’est une première dans l’histoire de l’industrie automobile. Renault-Nissan pourrait fabriquer, en 2014, plus de véhicules en Espagne qu’en France avec, notamment, le succès de la Captur et de la Mégane, sans oublier l’immense usine de moteurs et de boîtes de vitesses, installée dans le sud de l’Espagne, que fournissent les usines de montage de l’ensemble du groupe Renault-Nissan d’un peu partout dans le monde. De janvier à juillet 2013 (derniers chiffres connus) les exportations ont atteint 38,6 milliards d’euros pour l’ensemble de l’Espagne, c’est un record. La partie agricole des exportations est devenue minoritaire, l’Espagne fabrique, outre les voitures (déjà citées) de la sous-traitance pour des industries diverses et a une croissance très importante dans la fabrication de médicaments, là encore, c’est une nouveauté.
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