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Le marché est toujours haussier
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
En maintenant ses rachats d’actifs à un niveau très élevé, contrairement à ce qui était annoncé quelques mois auparavant, la Federale Reserve (Fed) a donné, volontairement ou non, un grand signal acheteur aux marchés. Certes, les bourses américainss ont déjà énormément progressé depuis le creux de la crise des « sub-primes » en 2009 mais le reste du monde en dehors de l’Allemagne a encore du chemin à rattraper. Cela n’est cependant guère surprenant lorsque l’on compare le déficit budgétaire attendu de 4,1 % en France avec un excédent allemand de 0,6 % !
Pourtant, l’analyse technique fait ressortir des signaux haussiers forts sur la plupart des pays européens et tout particulièrement les plus endettés. Ainsi, la Bourse Espagnole a donné un signal de changement de tendance à la hausse très intéressant (voir ci-après). En France, la Bourse de Paris poursuit son parcours ascendant même si la consolidation semble l’emporter sur le court terme pour le moment. Les valeurs bancaires restent bien orientées confirmant la confiance actuelle qui règne sur les marchés de la dette, qui rappelons, est l’un des objectifs majeurs des politiques monétaires menées par les Banques Centrales.
En Suisse, en Allemagne et aux Etats-Unis, les rendements offerts par les bons du Trésor (obligations à 10 ans de maturité) vont de 1 à 2,5 % alors que les actions des grandes sociétés multinationales offrent encore des coupons qui dépassent parfois les 7 % ! Du moyen au long terme, les marchés ont toujours tendance à s’ajuster en fonction de la rentabilité offerte tout en tenant compte du facteur risque qui est historiquement et généralement plus élevé sur les actions des sociétés privées que sur les obligations d’état. Or, depuis l’éclatement des crises post « sub-primes », cette règle paraît de moins en moins évidente.
Alors que la Grèce par exemple ne pouvait plus payer de coupon sur ses obligations, les grandes multinationales ont toujours servi un dividende à leurs actionnaires. Du coup, ces sociétés apparaissent désormais aux yeux des investisseurs internationaux comme des placements moins risqués sur le long terme alors que la dette de nombreux pays ne cesse de s’accroître.
De là à ce que les investisseurs se ruassent sur les actions au détriment des obligations, il n’y a qu’un pas qui pourrait être allègrement franchi dès lors qu’un début de flambée des cours commencerait à se dessiner sur les actions. D’ailleurs, ce phénomène commence à se voir sur les grandes vedettes du Nasdaq à l’instar d’Amazon, Google et Apple. Du point de vue technique, le Cac 40 a bien franchi à la hausse sa zone de résistance majeure et confirme ainsi le signal de poursuite de son parcours ascendant en direction des 4.350 à 4.400 points dans un premier temps.
La hausse pourrait se révéler beaucoup plus vertigineuse si la ruée vers les actions venait à se concrétiser au fil des mois. On n’est cependant jamais à l’abri d’un accident de parcours étant donné que cette situation très particulière et extrêmement tendue est tout sauf stable sur la durée.