100 ans d’erreurs de la gauche française

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Bruno de la Palme est journaliste. Il a travaillé pendant six ans pour l’émission Capital sur M6, il a dirigé le service économique de RFI et il a publié, il y a quelques mois, «100 ans d’erreurs de la gauche française». Certes, ce livre n’est pas tout récent, mais il demeure d’une actualité brûlante. Or, il a été totalement occulté par les grands médias… Pas étonnant ! Le journaliste y évoque d’abord l’inculture économique d’une grande partie de la presse financière et de la gauche française : «Le fondement des erreurs de la gauche française - c’est la spécificité de la gauche française - est lié à ce terreau néo-marxiste, avec des erreurs à répétition, puisque l’idéologie est la même. En Allemagne, le SPD a abandonné le marxisme en renonçant à la lutte des classes en 1959 ! Donc, depuis plus de 50 ans, la gauche française n’a pas évolué. Elle fait semblant d’être social-démocrate, parce que cela fait un peu mieux dans le tableau, mais elle fait toujours campagne sur les vieilles haines de la lutte des classes. Cela ne peut pas fonctionner sur le plan économique... Tout le monde sait que la croissance économique, ce sont les entreprises et pas les fonctionnaires que l’on va embaucher massivement. La gauche a passé son temps à vilipender les entreprises. Elle commence seulement à dire du bien des entreprises mais, la réalité, c’est qu’elle a ponctionné de 12 milliards d’euros nos entreprises depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir !»

Bruno de la Palme dénonce aussi la responsabilité de la gauche dans le départ à l’étranger des chefs d’entreprise : «Les entrepreneurs sont partis par milliers, on décourage massivement tous nos jeunes cerveaux qui finissent à peine leurs études. Entre un tiers et la moitié d’entre eux veulent fuir cette espèce de folie française. Après, il ne faut pas s’étonner que cela ne marche pas !»

Toutefois, la situation n’est guère plus florissante à droite : «Malheureusement, la droite française manque aussi cruellement de libéraux, c’est-à-dire de gens qui connaissent le monde de l’entreprise. Or, il n’y a que l’entreprise qui crée des emplois. Cependant, il ne faut pas renvoyer dos à dos la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose ! Nicolas Sarkozy a quand même essayé de faire des réformes courageuses sur les retraites, alors que la gauche ne fait pas de réformes».

L’auteur déplore le manque de courage de la droite à l’égard des idées de gauche : «Quand elle arrive au pouvoir, elle n’ose pas défaire les âneries faites par la gauche, c’est le grand reproche que je ferais à Nicolas Sarkozy. Il aurait dû, dans les deux mois de son élection, faire voter une loi pour abolir les 35 heures et revenir à une moyenne européenne. On aurait dû laisser chaque branche professionnelle négocier. Finalement, il a créé une usine à gaz et rien n’a changé…»

Mais le drame de la gauche, c’est qu’elle a caressé dans le sens du poil tous ceux qui sont contre l’économie de marché : «Il y a peut-être quelques profiteurs parmi les patrons, mais allez dire au plombier qui se démène que c’est un profiteur, avec toutes les charges qu’il doit payer !»

En matière d’immigration également, Bruno de la Palme s’insurge : «Manuel Valls encourage les naturalisations, comme si l’on en avait besoin, alors que l’on nage dans le chômage ! C’est de la folie furieuse». Dans une large partie de l’ouvrage, il dénonce la falsification de l’histoire au profit de la gauche, notamment à propos du colonialisme : «Il y a une désinformation, beaucoup de professeurs sont à gauche, et les médias sont aussi complices. Les poncifs habituels nous disent que le colonialisme est une création de la droite, alors que c’est historiquement faux puisque c’est la gauche française qui a lancé le colonialisme ! Toutes les colonisations sont le fait de la gauche. Jules Ferry a eu des phrases effrayantes sur la supériorité de la race occidentale sur les autres races, avec un message prônant la grande religion laïque qui devait imprégner les esprits inférieurs. La gauche prétendait que la colonisation allait faire le bien du peuple, c’était peut-être possible, mais qu’ils ne nous racontent pas maintenant que les colonialistes sont d’affreux gens de droite ! Le massacre de Madagascar en 1958, avec une répression effrayante, a été lancé par Ramadier, président socialiste du Conseil…»

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