Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Et si on faisait une bulle !?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

L’amélioration progressive de la situation économique dans le monde commence à avoir des effets perceptibles sur l’Europe. Les craintes des investisseurs sur de nouvelles aggravations futures de la situation de la dette publique diminuent d’autant. Cela se traduit d’abord par une accalmie sur les marchés de taux d’intérêt et par ricochet, cela exerce une pression haussière sur les cours des actions. Rétrospectivement, les gérants constatent que malgré les crises financières à répétition, les cours des actions des grands groupes mondialisés se trouvent encore plus haut qu’avant.

De plus, et cela y est forcément lié, ces sociétés ont continué à servir des dividendes nettement plus généreux que les maigres coupons d’obligations d’état, à capital investi équivalent. Bref, les fonds actions ont nettement sur-performé leurs homologues obligataires à la fois sur la période des fortes turbulences et pendant les phases de calme. Cela finit par provoquer un changement radical de perception des marchés pour une frange croissante d’investisseurs. Le facteur risque n’est plus vraiment là où l’on pensait qu’il soit. Il est passé de l’autre côté : Une partie de plus en plus importante pense que, sur le très long terme, les actions deviennent désormais moins risquées que les obligations, compte tenu des événements financiers de ces dernières années.  

Il s’agit bien entendu de paniers d’actions de grandes multinationales couvertes par le jeu de la diversification et non pas des titres pris séparément. En tout cas, l’histoire récente et moins récente va clairement dans ce sens. Et s’ils avaient raison ? Dans ce cas, cela impliquerait un changement de statut à venir sur les catégories de véhicules d’investissement ci-dessus citées. Même chez le particulier qui est l’investisseur final, il y a un sentiment d’étrangeté dans les alternatives de placement qui lui sont proposés. Si cette tendance qui semble se dessiner venait à se confirmer sur la durée, les conséquences financières qui en découleraient devraient s’avérer énormes : les places boursières s’envoleraient sous le poids des transferts de capitaux issus des marchés obligataires.

Posons le problème différemment : Pourquoi continuer à investir à des taux négatifs (rendement obligataire quasi nul plus les frais bancaires) alors que les actions offrent des dividendes annuels confortables et résistent aux crises les plus graves ? Cela soulève indirectement la problématique du financement de la dette publique : Va-t-on continuer indéfiniment à monétiser la dette au risque de créer un jour une gigantesque bulle spéculative ou une inflation forcément monstrueuse ? Du point de vue technique, le Cac 40 poursuit sa remontée en direction de ses plus hauts annuels de 4.170 points qu’il devrait atteindre assez rapidement.

Du test de débordement de cette zone, on devrait avoir un début de réponse à la possibilité de formation d’une bulles spéculative sur les actions. Dans l’affirmative, on pourrait retrouver du jour au lendemain un énorme potentiel de hausse sur les actions françaises du simple fait de la mondialisation de la bulle !

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