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La production de crédits en forte hausse ne marque pas un inversement de tendance du marché immobilier
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pascal Beuvelet, président d’In&Fi Crédits : «Il y a un gros retour de personnes qui avaient différéleur acquisition en 2012 et qui se relancent maintenant.»
Pascal Beuvelet est le fondateur et le président d’In&Fi Crédits. Il commente pour nous la hausse de 35,3% de la production de crédits immobiliers au cours du deuxième trimestre 2013. Cependant, le rebond observé par CSA Crédit Logement est naturel à ses yeux : le marché était tombé tellement bas qu’il devait bien y avoir un frémissement, car ceux qui espéraient un effondrement des prix de l’immobilier ont compris que cela ne se produirait pas... Nous sommes toutefois encore bien loin de la reprise… Il répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous annoncez une forte progression de la production de crédits immobiliers au cours du deuxième trimestre 2013 (+35,3%). Comment analysez-vous cette évolution, alors que les notaires et les professionnels de l’immobilier continuent de se plaindre de la situation du marché ?
Pascal Beuvelet : Effectivement, cela paraît contradictoire. Le meilleur tableau que nous avons sur l’emprunt et le volume général des crédits, c’est CSA Crédit Logement puisqu’ils ont toutes les données nationales. Ils annoncent une augmentation de la demande de crédits immobiliers de l’ordre de 35%, ce qui est considérable et, de l’autre côté, les agents immobiliers se plaignent. Ceci dit, ces chiffres sont bien des crédits réalisés, ce ne sont pas des demandes : donc c’est une action passée. L’augmentation des crédits s’explique de deux manières. D’abord, le montant des crédits a augmenté. Au sein de notre réseau, le crédit moyen était de 147 000 euros, or cette année nous sommes à 157 000 euros. Nous avons donc 10 000 euros d’écart, ce qui représente à peu près 6% d’augmentation du montant du crédit. Les taux ayant baissé d’un point, cela a donné à nos emprunteurs la possibilité d’augmenter leur emprunt pour la même mensualité.
Cependant, il y a encore 28% de décalage sur le montant des volumes. L’année dernière, nous avons fait moins 20% de volume par rapport à 2011, c’est énorme en production et cela veut dire qu’il y avait énormément d’attentisme. Beaucoup de gens ont été bloqués pour les raisons que vous connaissez : il y avait le contexte politique, les nouvelles réglementations mises en place par le gouvernement, avec les plus-values immobilières, la suppression du PTZ sur l’ancien… À cela s’ajoute un climat difficile sur le plan économique. Les Français se sont mis très en retrait du marché de l’immobilier. Cela ne veut pas dire que les besoins n’étaient pas là, mais il n’y avait aucune volonté de prendre des risques. Maintenant, pour un certain nombre de populations, notamment les classes moyennes, le bon sens revient.
Les gens se rendent compte que le logement est un bon placement et que les taux sont dans une excellente configuration. Le bon sens dit qu’à l’heure actuelle, il faut acheter. Il y a un gros retour de personnes qui avaient différé leur acquisition en 2012 et qui se relancent maintenant. Ce regain de confiance est dû à la baisse des taux et à la constatation que les prix ne baissent pas autant que certains auraient pu l’imaginer.