Le parlementaire confirme que Nicolas Bernard-Buss a été un prisonnier politique

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Hervé Mariton, député UMP de la Drôme : «Nous devons être rassurants et conquérants.»

Hervé Mariton figure dans le classement des parlementaires les plus populaires auprès des militants de droite. Le député UMP de la Drôme a acquis une belle notoriété en s’engageant lors de la Manif pour Tous et surtout en étant le premier à aller rendre visite en prison à Nicolas Bernard-Buss, le jeune manifestant de la Manif pour Tous qui a été incarcéré pendant près de 20 jours. Alors que les dirigeants de l’UMP évitent de prendre position sur les sujets de société, Hervé Mariton poursuit son combat pour la défense des valeurs, ce qui ne l’empêche pas de travailler sur bien d’autres sujets : il vient de rentrer de Fukushima, au Japon, où il était en mission pour la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Il répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous revenez de Fukushima : quels sont les enseignements de ce voyage d’études ?

Hervé Mariton : J’étais en mission pour la commission des Finances, à Tokyo et à Fukushima, pour travailler sur la politique énergétique en tant que rapporteur pour l’écologie et la prévention des risques. Le premier enseignement que j’en tire, c’est que la politique de l’énergie est quelque chose d’extrêmement sensible et subtil. Il faut faire très attention à ne pas jouer inconsidérément avec ce que l’on appelle le mix énergétique. La France a atteint un niveau de production nucléaire important, puisque 75% de notre électricité est fabriquée sur la base de notre énergie nucléaire. Le Japon a connu un mix énergétique dans lequel le nucléaire atteignait 25% de la production d’électricité, aujourd’hui beaucoup moins, puisque seulement deux tranches sont en production. Les Japonais discutent pour savoir s’il faut éventuellement passer de 25 à 50%, ou s’ils doivent sortir du nucléaire… Les Japonais font cela sous la contrainte de l’accident de Fukushima, avec des objectifs comme le rétablissement du commerce extérieur ou de la croissance. Quand on voit l’ensemble des contraintes dans lesquelles les Japonais se meuvent pour essayer de définir une politique énergétique, nous nous disons que nous avons tort d’ajouter à notre politique des contraintes supplémentaires que rien ne nous impose : je pense à la fermeture de Fessenheim. Je ne sais pas quel est le bon niveau du mix énergétique pour l’avenir, je dis simplement qu’engager le débat à l’Assemblée nationale dans les mois qui viennent, dans le cadre de la loi dite de transition énergétique, sur une décision purement politicienne, qui est celle de la fermeture de Fessenheim, c’est mettre, dans un débat légitime, une contrainte tout-à-fait inutile. Il y a bien assez de contraintes et d’arguments pour ne pas ajouter une décision aussi arbitraire que celle de la fermeture de la centrale de Fessenheim. J’ajoute que cette fermeture va coûter au moins 10 milliards d’euros aux contribuables, cela va être un scandale financier absolu, d’autant que cela ne repose sur aucune décision de politique énergétique en amont. Il y a eu une décision, qui relève purement d’un accord électoral entre le PS et les Verts. Lorsque j’avais interrogé Madame Batho sur ce point, elle m’avait répondu qu’il n’y avait aucune décision objective pour la fermeture de Fessenheim et qu’il s’agissait bien d’un accord politique. Ensuite, on va débattre de la politique énergétique… Quand on a beaucoup d’équations compliquées à résoudre, on ne rajoute pas une contrainte aussi arbitraire.


Ainsi, vous demandez au successeur de Delphine Batho de ne pas se précipiter…

J’ai constaté plusieurs attitudes au Japon. A Fukushima, les gens sont devenus très antinucléaires, il faut reconnaître que c’est ainsi que les choses s’expriment aujourd’hui. Dans d’autres parties du Japon, j’ai entendu des analyses très différentes… L’ancienne majorité du Parti démocrate avait été d’abord pour le nucléaire, ensuite pour la sortie du nucléaire, et ils ont perdu les élections… Les libéraux ont gagné et ils sont aujourd’hui favorables au développement du nucléaire. Je sais que c’est un sujet de débat et ce débat doit avoir lieu en France. Je fais deux reproches au gouvernement aujourd’hui. Le premier, c’est de mener le débat global sur l’évolution de notre politique énergétique dans une très grande discrétion. Il y a quelques débats sur le terrain qui sont accaparés par quelques milieux militants et le gouvernement en est assez content car il n’a pas envie que cela aille au delà des milieux militants. Cela a le mérite de ne pas circuler plus largement dans l’opinion. La seule chose qui fait l’objet d’une présentation publique assumée, c’est la fermeture de la centrale de Fessenheim… Une contrainte stupide fait l’objet de publicité, alors qu’un débat stratégique important se déroule dans une totale indifférence. C’est une double faute !

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