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Après la Grèce, le Portugal ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Comme à tout malheur, quelque chose est bon, la crise grecque a au moins servi de leçon à la BCE et aux responsables politiques européens, qui à l’unanimité rappelons-le, avaient notoirement sous-estimé les risques systémiques induits sous prétexte que l’économie de ce pays, petit par la taille, pèserait mois de 2 % de l’Union Européenne.
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et des artifices financiers ont été mis en place pour pouvoir agir très vite en cas de répétition du problème, que ce soit en Grèce ou ailleurs. Ces « machins », comme aurait dit feu le Général de Gaulle, tels que FESF, le MES et l’OMT devraient permettre de faire face à toute situation d’éventuel défaut de paiement dans un pays de l’Union. Ces fonds sont destinés à prêter directement au pays en difficulté et racheter sur le marché de la dette dont l’échéance se rapproche : monétiser la dette. Or, il ne faudrait pas perdre de vue que cela a été voté pour être utilisé dans des conditions précises, à savoir l’application du plan de rigueur préconisé par la BCE.
Question : si pour des raisons politiques ou sociales, le pays demandeur refuse d’appliquer un plan jugé trop contraignant, que ferait la BCE dans ce cas ? C’est précisément là où se situe le risque majeur actuellement sur les marchés financiers. De deux choses l’une : ou bien Mario Draghi appliquerait quand même le plan d’aide sans la contrepartie de la rigueur budgétaire et il passerait pour un « Charlot » auprès des investisseurs non communautaires, ou bien il suspendrait les aides et provoquerait une crise de liquidités en cascade exactement comme dans le cas grec il y a deux ans.
Justement, si les mouvements sociaux actuels au Portugal prennent des proportions d’émeutes, il y aurait de fortes chances de voir les politiques reculer et ajourner une grande partie des réformes engagées. Cela est d’autant plus crucial, que la situation de ce pays pourrait rapidement faire tâche d’huile et se propager à l’ensemble de l’Union, paralysant toute velléité de réformes profondes. L’équilibre actuel observé sur les marchés obligataires et par ricochet la bonne tenue des places boursières sont directement menacés par toute dégradation supplémentaire du climat social dans les pays candidats à l’usage des « machins ».
Seul un retour de la croissance économique sur la zone serait de nature à desserrer l’étreinte et redonner de la confiance aux investisseurs dans la capacité de l’Europe à sortir de l’ornière. Du point de vue technique, le Cac 40 semble caler à court terme sur la zone de résistance de 3.900 points. En cas de nouvelle cassure des 3.800, la baisse devrait se poursuivre rapidement jusqu’à 3.600 points où le test ultime devrait intervenir et livrer son verdict sur l’aggravation potentielle de la crise.
En revanche, un bon scénario haussier devrait voir le jour en cas de débordement rapide des 3.900 points à la hausse, avec un objectif théorique évalué vers 4.200 à 4.250 points.