La répression pour tous !
LITTÉRATURE
La France est-elle en train de plonger vers des années de misère pour tous et de dictature pour tous ? Tel est le constat accablant de François Billot de Lochner, l’un des fondateurs de la Manif pour Tous. Diplômé de Sciences-Po Paris et de l’EM Lyon, François Billot de Lochner a occupé plusieurs postes de direction générale dans le secteur bancaire où il a passé plus de 20 ans. Depuis 2004, il dirige la Financière Saint-Louis. Il est également président de l’Oeuvre de l’Hospitalité par le Travail. Il est aussi l’auteur de plusieurs essais politiques engagés : «12 mesures pour 2012», «L’Affaire Vanneste : la mise à mort de la liberté d’expression» et «Le choix du déclin».
Son dernier livre, intitulé «La répression pour tous», est un événement et il figure en tête des ventes malgré le silence des médias officiels. François Billot de Lochner a évidemment suivi de près l’évolution de la Manif pour Tous et les répressions policières, avec les nombreuses gardes à vues, ainsi que l’incarcération, pendant une vingtaine de jours, de Nicolas Bernard-Buss, qualifié de «premier prisonnier politique» en France.
Dans son livre, il analyse cette génération qui s’est révélée lors de la Manif pour Tous et le changement des mentalités qui s’est opéré en France : «Il y a eu un basculement formidable et profond. Nous avons vécu trois temps depuis un an. Il y a d’abord eu le temps du mensonge. Le gouvernement s’est efforcé, avec une constance incroyable, de dire n’importe quoi. Je ne parle même pas du Mariage pour tous qui, par son nom même, est un mensonge, puisque le Mariage pour tous, ce n’est pas le mariage pour tous... C’est évident, Madame Taubira le sait. Tout a été mensonger pendant les premiers mois. Ensuite, on a masqué complètement le problème de l’adoption, de la PMA, de la GPA, etc. On nous a expliqué qu’il ne s’agissait que de marier des couples homosexuels et qu’il n’y aurait aucune incidence. Tout le monde savait, dans les milieux informés, que c’était un mensonge énorme. Après cela, quand les choses ont commencé à se savoir, notamment grâce à Internet, on est passé au temps du mépris. Le gouvernement a su qu’il était débusqué et il a décrété que les opposants n’existaient plus. Un million et demi de personnes dans la rue, cela ne compte pas… À l’Assemblée nationale, on a voté la loi dans des conditions indécentes, aucune importance… Au Sénat, on a voté la loi dans des conditions ignobles - j’insiste sur ce mot - cela n’a aucune importance… Le Conseil constitutionnel a donné un avis effarant de nullité, il a validé la loi de façon effarante, c’est une honte, aucune importance… Évidemment, la fameuse pétition avec 700 000 signatures, cela n’a pas compté… Là où le gouvernement a fait une erreur stratégique exceptionnelle, c’est qu’ils ont poussé le mépris un cran trop loin, et cela a fait tout d’un coup basculer l’opinion».
En effet, l’opinion était favorable à ce que l’on trouve une solution pour les couples homosexuels afin qu’une personne ne soit pas pénalisée dans l’hypothèse du décès de son compagnon, par exemple : «Bien sûr ! En janvier, la manifestation était extrêmement bon enfant. Un psychologue très connu était dans la manifestation du 13 janvier. Nous étions bloqués, on ne pouvait plus avancer et, comme il s’intéresse aux gens, il a pris le temps de discuter avec une soixantaine de personnes. Il en a conclu que c’était très bon enfant et très sympathique. Le 24 mars, il a fait la même chose, et il m’a dit : «C’est incroyable, j’ai écouté une cinquantaine de personnes, le langage était radicalement différent de celui de janvier. Les gens étaient furieux, agressifs et ils en voulaient énormément au gouvernement».
Le mépris affiché, en quelques semaines, a fait que l’opinion a basculé. C’est là où la jeunesse s’est manifestée avec une force extraordinaire. C’est une génération qui a subi le mensonge et le mépris. Cette jeunesse est follement audacieuse et elle a dit : Stop, on arrête... Et brutalement il y a eu les mères veilleuses, les veilleurs, etc. Tous ces mouvements annexes à la Manif pour Tous sont loin de s’arrêter. Que le gouvernement ne s’imagine pas que quelques coups de soleil sur les épaules vont arrêter tout cela : à la rentrée, cela va être encore plus ferme qu’au printemps ! Quand on dit que l’on ne lâche rien, cela pouvait faire sourire il y a deux ou trois mois, maintenant, je serais le gouvernement, je ne sourirais plus du tout…»
L’affaire de la répression des manifestants et des veilleurs a maintenant des conséquences au niveau européen puisque, après l’intervention de Luca Volontè, président du groupe parlementaire du Parti populaire européen (PPE), la France est sous surveillance européenne pour atteinte aux droits de l’homme : «Cette répression est franchement invraisemblable ! Je trouve que les gens n’ont pas conscience de ce qui se passe. Nous vivons une répression qui est basée sur un principe extrêmement simple, discrimination et illégalité. La discrimination, c’est que les ordres donnés sont très clairs : «Vous traquez tout ce qui touche à la Manif pour Tous et vous laissez de côté tout le reste…»
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