Main basse sur votre argent !
LITTÉRATURE
Simone Wapler estime que la France est au bord de la faillite et que l’État ne va pas hésiter à réquisitionner l’épargne des Français, notamment en confisquant les assurances-vie : «Bien sûr, on n’appellerait pas cela une réquisition ou une confiscation. On ferait seulement un appel au civisme, au devoir citoyen... qui consiste à payer pour les années de mauvaise gestion de nos gouvernants».
Simone Wapler est l’auteur de «Comment l’État va faire main basse sur votre argent … et ce que vous devez faire pour vous en sortir !» paru chez Ixelles Editions en mars 2013. Elle a également publié l’année dernière «Pourquoi la France va faire faillite ... et ce que vous devez faire pour en sortir». Simone Wapler rappelle que «les gens ont découvert, avec l’affaire de Chypre, que leurs dépôts ne leur appartiennent plus. Lorsque vous déposez de l’argent en banque, vous prêtez de l’argent à votre banque, et vos dépôts deviennent une créance sur votre banque. Les gens ont également découvert, avec l’affaire de Chypre que, jusqu’à présent, pour sauver les banques, on avait mutualisé les pertes dans l’immense masse de l’internationale des contribuables européens. A Chypre, nous avons eu techniquement ce que l’on appelle un «bail-in», c’est-à-dire que ce sont les déposants qui ont aussi payé… Le mythe des 100 000 euros de garantie a également volé en éclats à Chypre !»
En effet, «less banques européennes ne sont pas du tout solides. Elles fonctionnent toujours avec des effets de levier faramineux, c’est-à-dire que pour 1 euro de fonds propres, il y a 30 euros d’engagements. Les fonds propres, c’est l’argent que la banque détient, cet argent sert à payer la casse si jamais quelque chose se passe mal. Les engagements, ce sont les crédits consentis par la banque». Il y a les banques, mais aussi les Etats : «Ils ont de plus en plus faim et ils sont surendettés ! Les pays dits riches ne sont plus riches que de dettes ! Une démocratie a un avantage par rapport à un particulier dans l’esprit du marché, c’est qu’elle est censée être immortelle. On peut prêter énormément à quelqu’un qui est immortel… Néanmoins, même un être immortel, quand il dépense trop par rapport à ses recettes, cela se passe toujours mal et c’est ce que nous constatons. Aujourd’hui, un pays comme la France est techniquement en état de faillite, avec un déficit permanent qui ne fait que couvrir les dépenses courantes».
L’économiste ajoute qu’il n’est plus exclu que l’Etat vienne se servir directement dans les comptes en banque comme ce qui s’est passé à Chypre : «Aujourd’hui, l’État Français emprunte à un tarif ridicule, qui est en dessous de 2% pour 10 ans. Depuis plus de deux siècles, ce n’était jamais arrivé et les taux vont remonter, parce qu’il y a trop de dette et il y a de moins en moins d’épargne capable d’éponger cette dette. Lorsque les taux vont monter, il va bien falloir trouver quelque chose, parce que l’État ne pourra plus payer. Pour le moment, les deux tiers de la dette sont entre des mains étrangères. Si jamais l’État ne peut plus payer, il va bien falloir qu’il fasse jouer la seule garantie qu’il a : c’est-à-dire les dépôts des Français !»
Face à cette situation, il sera de plus en plus difficile de se protéger : «En ce moment, beaucoup de choses sont faites pour que les gens laissent leurs avoirs dans les banques. On vient de limiter les mouvements en espèces et il est question de supprimer les coupures de 500 euros… Toutes ces mesures sont officiellement prises pour lutter contre le blanchiment et l’argent sale, mais cela oblige les gens à maintenir leur argent en banque. Dans mon livre, j’indique quelques moyens de se prémunir. La faillite d’un État reste quand même quelque chose d’exceptionnel. J’indique quelques moyens, mais il n’y a pas de solution miracle. L’important, c’est d’être en éveil. Il faut éviter les obligations d’État sous toutes leurs formes, que ce soit un Livret A ou de l’assurance-vie… Cela me paraît évident. Il y a aussi d’autres moyens pour essayer de conserver des avoirs dans des banques moins sollicitées et plus sûres, et on peut aussi essayer de se «débancariser». Il est vrai aussi que dans un investissement en actions, vous avez théoriquement une part d’une grande entreprise solide. Cela peut être une bonne solution. Je recommande à mes lecteurs de préférer la formule de l’actionnariat en direct, c’est-à-dire que l’on est inscrit comme actionnaire auprès de l’entreprise. Une entreprise comme Air Liquide, par exemple, est éminemment solide et elle pratique cela. Le problème de l’assurance-vie est double. Déjà, en période de taux bas, les assureurs ont beaucoup de mal à faire leurs marges, les frais qui sont pris sur les contrats par rapport aux rémunérations des OAT à 10 ans deviennent importants et ils ont été soumis à des collectes puisque, comme les Français sont imposés, ils tirent sur leur assurance-vie… Évidemment, il faut éviter les fonds en euros qui sont les plus vulnérables à une remontée des taux. Il reste aussi les unités de compte : quand on a un contrat en unités de compte, on a une créance sur l’assurance vie, c’est exactement comme un dépôt bancaire, on n’est pas actionnaire en direct».
Autre conseil : il est aussi important de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier… «Il faut savoir que la garantie bancaire est de 100 000 euros par déposant dans chaque banque. Il est donc nécessaire de fractionner ses dépôts, c’est de la bonne gestion, notamment pour les chefs d’entreprise. Je rappelle qu’à Chypre, de nombreux chefs d’entreprise ont été gênés et, lorsque Vladimir Poutine s’est fâché très fort, c’est parce que des entreprises russes qui commerçaient avec l’Europe avaient de la trésorerie placée à Chypre. Elles ont été taxées sauvagement sur leurs dépôts…»
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