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La pression augmente
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les investisseurs internationaux recommencent à douter des capacités réelles de l’Europe à sortir de la crise alors que ses maillons faibles semblent s’enfoncer dans un puys de dettes sans fond. Le cycle infernal déficits-rigueur-récession-déficits rend les investissements difficiles à réaliser dans un contexte de fiscalité confiscatoire. Ce manque d’intérêt pour les valeurs européennes rend les attaques spéculatives beaucoup plus faciles à mener, ce que les fonds spécialisés n’hésitent plus à exploiter.
La cacophonie affichée au grand jour au plus haut niveau de la hiérarchie politique entre la France et l’Allemagne n’est guère de nature à contrarier les desseins des spéculateurs qui n’en demandaient pas tant. Dans cet environnement devenu instable, la France se dirige lentement mais sûrement vers l’œil du cyclone. Si les taux d’intérêt sont restés relativement bas sur la dette publique, c’est parce que les banques françaises participent fortement depuis des années aux émissions obligataires du secteur public.
Or, ce soutien artificiel touche ses limites avec l’augmentation exponentielle des besoins de refinancement de l’état. Les deux se trouvent ainsi intimement liés face aux marchés financiers et l’ensemble ne tient qu’à la confiance accordée par les investisseurs étrangers à la France. Le talon d’Achille de cette relation décidément incestueuse s’appelle « Bâle III ». Il faut savoir que les banques américaines sont d’ores et déjà en mesure de présenter des ratios de solvabilité satisfaisant les critères ainsi dénommés.
En Europe, les instances monétaires internationales avaient consenti un délai supplémentaire aux banques pour s’y conformer. Il faut bien comprendre que les américains mettent à profit cette dangereuse faiblesse pour exercer une très forte pression sur le vieux continent avec pour premier but de réduire considérablement la concurrence des banques sur les marchés internationaux de capitaux et de leurs dérivés. Dans un second temps, cela permettrait d’exiger des taux d’intérêt nettement plus élevés pour leurs placements en Europe.
Au niveau des actions, les valeurs bancaires sont naturellement les plus attaquées depuis quelques semaines ce qui les privent par ailleurs de la possibilité de faire appel au marché pour d’éventuelles et néanmoins indispensables augmentations de capital. Sur le plan technique, le rebond actuel du Cac 40 a buté sur la zone de résistance secondaire située autour de sa MM200 soit environ 3.770 points avant de repartir en arrière. Un nouveau test de la ligne de support majeure de 3.600 points n’est pas à écarter à plus ou moins brève échéance.
Le contexte actuel de la pression vendeuse y est particulièrement propice. Si ce niveau lâche à son tour, le mouvement devrait se prolonger théoriquement jusqu’au support bas du canal haussier à long terme, situé actuellement vers 3.360 points.
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