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Les entreprises prospères ne l’ont pas toujours été, l’exemple de Volkswagen.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
On se souvient (du moins ceux qui étaient nés en 1984) que Canal+ a failli s’arrêter moins d’un an après son lancement, il n’y avait que15.000 à 20.000 abonnés nouveaux par mois en avril, mai ou juin 1985... Cette chaîne payante fut pourtant un triomphe.Au début, le téléphone mobile “radiocom 2000, ne quittez pas !” fut un échec commercial... il y en a dans toutes les poches. Quand Renault a misé plus de 30 milliards de francs pour renflouer Nissan, toute l’industrie cria à la folie... Nissan rapporte entre la moitié et les deux tiers des profits de Renault chaque année désormais. La prospérité ne s’invente pas, elle se construit.
Aujourd’hui, le groupe Volkswagen est considéré comme un groupe remportant un immense succès, le futur numéro un mondial de l’industrie automobile, une entreprise très rentable qui réussit tout. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas et la réussite du groupe n’est pas toujours au rendez-vous même actuellement. Si, en ce moment, au Brésil et en Chine le groupe gagne beaucoup d’argent, des échecs ont été particulièrement coûteux comme ceux enregistrés en Inde et, il y a des absences comme notamment sur tout le continent africain qui comptera 2,2 milliards d’habitants en 2050, qui a dépassé le milliard il y a déjà quelques années, et qui est une sorte de« trou noir complet » pour toutes les marques du groupe Volkswagen. Dans le plus ancien marché d’Amérique du Nord, le groupe multiplie les échecs depuis plusieurs décennies.
Il fut un temps où la Coccinelle rencontrait un grand succès, et dans la foulée, le groupe allemand créa une usine afin d’y fabriquer les « Golf » européennes baptisées localement Rabitt, à Westmorland. L’échec fut cuisant et l’usine fut revendue à Chrysler, du temps de sa splendeur retrouvée au même moment où les groupes Peugeot et Renault sortaient du marché nord américain. Alors que les allemands Mercedes et BMW sont implantés avec succès sur le marché nord américain, développant leurs ventes, fabriquant des voitures (BMW est le premier exportateur d’automobiles en Amérique du Nord), le retour, en grande fanfare, durant les dernières années, n’a été qu’une longue suite de déconvenues.
Echecs en série aux USA.
La Phaeton, voiture haut de gamme, basée sur une plate-forme commune avec les Bentley devait se vendre à un rythme de 15.000 ou 20.000 exemplaires par an sur l’Amérique du Nord… Les meilleures années, 1.000 ventes ont été à peine atteintes, un échec pitoyable, la montée en gamme ne s’est pas révélée être une réussite. Le lancement de la nouvelle Coccinelle « New Beetle », fabriquée à partir de l’usine mexicaine qui, pendant longtemps, fabriquait encore l’ancienne Coccinelle, n’a pas non plus été un triomphe même si une année, ce véhicule nostalgique a frôlé les 100.000 immatriculations sur le marché nord américain, (Etats-Unis et Canada). Plus intensément, Volkswagen a décidé de créer une usine plus spécifique, toute neuve, très écologique, consommant peu et fabriquant sa propre électricité avec des panneaux solaires sur la colline environnante pour fabriquer un modèle dérivé de la Passat européenne mais adapté aux goûts des Américains, plus longue, plus spacieuse.
L’usine peut fabriquer entre 300.000 et 400.000 véhicules par an, la production a culminé à 150.000, les ventes reculent en année 2 malgré un tarif très serré. Volkswagen perd, en ce moment, 3.000 dollars par Passat vendue aux Etats-Unis et au Canada. La société Volkswagen vient de fêter ses 75 ans. Dans l’industrie automobile, c’est une très jeune entreprise. Vu par les acheteurs et par les conducteurs français, l’histoire du constructeur ressemble à une série de succès, après la Coccinelle, il y a eu le Combi, la Golf… le développement d’Audi, la reprise et la relance de Bentley, de Seat, de Skoda, ainsi que les réussites déjà évoquées sur les marchés chinois et brésilien. Pourtant, en regardant l’histoire et la situation actuelle des autres constructeurs automobiles, on peut se rendre compte que le groupe Volkswagen est en fait un miraculé.