C’est reparti pour une série de "privatisations".
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
La France a beau avoir reçu un accord de Bruxelles (notre maître est trop bon...) pour repousser à 2015 l’arrivée sous les 3% du PIB pourles déficits publics, Bruxelles a soumis François Hollande à ses “oukazes” secrets qui concernent non seulement l’obligation de réformes structurelles (retraites...) mais aussi l’impératif de financer la dérive des déficits non par un surcroît de dettes, mais par des ventes d’actifs. Il va falloir trouver 50 milliards € fissa (avant la fin de 2014).
2013, c’est l’année de la relance... des privatisations. Dans la politique économique et internationale il y a ce qui se dit devant les caméras, devant les micros et, très souvent ce qui se discute dans les « accords secrets ». Lorsque Pierre Moscovici est allé à Bruxelles négocier un report de deux ans des obligations de la France, il a dû passer sous des fourches Caudines particulièrement « humiliantes ». Dire qu’il s’est agenouillé est un euphémisme, en fait, il a sans doute été obligé de « ramper » pour obtenir ce délai. En effet, la Commission européenne estime que la France ne pourra pas atteindre ses objectifs de réduction du déficit public en 2013 pas plus qu’elle ne l’a atteint en 2012. En 2012, l’objectif était de 4,5% du PIB, dans les comptes validés, il a été de 4,8. En 2013, l’objectif était de revenir à 3% au maximum, en réalité, selon les études de la Commission de Bruxelles, qui sont, aujourd’hui, rejointes par Bercy, les déficits publics en France représenteront entre 3,8 et 3,9%.
En 2014, la Commission européenne estime qu’il y aura, au moins, 3,9% de déficit rapporté au PIB alors que Bercy annonce 3,5 ou 3,4%... mais l’objectif qui avait été négocié entre la France et la Commission européenne avait été, de 2,2 à 2,3% au maximum pour 2014 après 3% en 2013. Ainsi, au cumul, la France devra s’endetter encore non seulement pour refinancer les échéances de sa dette antérieure mais de plus pour couvrir, aussi, les déficits de 2012, de 2013 et de 2014, au-delà des prévisionsinitiales. Comme le PIB français va être stable, au mieux (il sera peut-être même en légère baisse), le dénominateur étant plus petit, le pourcentage de la dette publique française par rapport au PIB monte dangereusement, il est estimé à, au moins, 94% du PIB en 2013, il faudrait d’un rien pour qu’il soit à 100% du PIB, ce qui seraitpsychologiquement désastreux.
L’engagement solennel (et secret) de la France.
Alors, la France s’est engagée solennellement (ses engagements sont toujours très solennels), à maîtriser la dette publique faute de maîtriser les déficits. Concrètement, cela se traduira par une course à l’échalote pour « récupérer du pognon ». Officiellement, il est annoncé que la fraude fiscale va subir un sérieux serrage de vis, pour récupérer au moins 6 milliards d’euros par an, de plus qu’actuellement alors qu’il y a déjà 18 milliards d’euros de mises en recouvrement, une altitude déjà élevée comparée aux données historiques. Beaucoup de PME se plaignent que le fisc redresse tous azimuts, y compris dans le vent, taxant un chiffre d’affaires imaginaire parfois. En dehors de la hausse de la TVA prévue pour le 1er janvier 2014, il est physiquement impossible d’augmenter les impôts car la France se trouve déjà au record européen au niveau des prélèvements publics, cela rapporté au PIB.
Comme l’État est incapable de réduire ses dépenses (objectif affiché moins 14 milliards d’euros), il va vendre les bijoux de famille pour éviter de passer à une dette publique à hauteur de 100% du PIB, fin 2014 ou début 2015. Récemment, le nouveau ministre du Budget, remplaçant de Jérôme Cahuzac, a annoncé que l’État allait vendre pour environ 1 milliard d’euros d’actifs immobiliers chaque année au lieu de 500 à 550 millions d’euros, rythme actuel. Dans la conjoncture immobilière actuelle, cela ne sera pas une chose aisée. Il y a eu une vente de 3% du capital d’EADS et une part équivalente du capital de Safran, histoire d’avoir l’argent nécessaire à certaines dépenses militaires qui n’avaient pas été provisionnées. Depuis pas mal de temps, Arnaud Montebourg et d’autres ministres reparlent de « respiration du capital des sociétés publiques ». Respiration = privatisations dans cet novlangue socialiste. Ce n’est pas politiquement correct de dire qu’il va y avoir des privatisations, mais, bien sûr, elles seront habillées sous « le financement de l’investissement productif ».
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