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Le parlementaire spécialiste des questions de défense dresse le bilan de l’opération Serval
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christophe Guilloteau, député UMP du Rhône : «C’est dans l’air du temps de mutualiser ce système de défense qui n’est plus le même que celui que nous avions à l’époque de la guerre froide.»
L’Afrique est l’une des priorités du Livre blanc de la Défense qui a été présenté lundi 29 avril dernier. L’armée française est engagée depuis le 11 janvier au Mali : quel bilan et quelles leçons peut-on tirer de cette opération Serval, au moment où la France commence son retrait ? Christophe Guilloteau est député UMP du Rhône, membre de la commission de la défense, membre de la commission du Livre blanc et rapporteur de la mission d’information parlementaire sur l’opération Serval. De retour d’une tournée au Mali, il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On évoque un budget de la défense qui serait fortement réduit. Qu’en pensez-vous et qu’entendez-vous du côté des militaires ?
Christophe Guilloteau : On vient de loin ! Je suis membre de la commission du Livre blanc et nous sommes passés par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel en matière de frayeur, d’un modèle presque apocalyptique à quelque chose de raisonnable. La défense doit contribuer à l’effort national, le budget sera de 179 milliards d’euros sur six ans, on sauve donc les meubles. Aujourd’hui, nous sommes sur un budget de 31 milliards hors pensions et nous ne le toucherons pas pendant trois ans. Le plus important, c’est la Loi de programmation militaire (LPM) que nous allons aborder au Parlement au mois d’octobre prochain. Ce qui m’inquiète, c’est qu’elle va être collée immédiatement au budget : n’est-ce pas synonyme de mauvaises annonces ? Nous allons vraiment discuter avec le ministre de la Défense, arme par arme, et ce sera l’affichage de ce que sera notre budget militaire.
Vous êtes sur un sujet extrêmement délicat, car on a le sentiment d’un tournant stratégique. Après la chute du mur de Berlin, on nous avait expliqué qu’il était inutile d’avoir une grande armée et qu’il fallait plutôt être prêt à affronter des conflits avec des petites unités sur le terrain… Et maintenant, dans le Livre blanc, on nous dit que nous ne sommes pas à l’abri d’une escalade des guerres entre les grandes puissances… Comment naviguer entre tout cela ?
Le premier exemple, c’est l’Afghanistan : 47 nations engagées dans un pays hostile, mais ce qui a été fait en Afghanistan, une nation toute seule n’aurait pas pu le faire. Les Américains ont tous été rejoints par un concert de nations qui voulaient qu’une nouvelle forme de démocratie puisse émerger dans ce pays. Pour le Mali, c’est la même chose. Contre toute attente, le président de la République a engagé la force française au Mali et nous avons tout de suite été rejoints, d’une façon technique, par les Anglais, les Allemands, les Danois, les Polonais, les Espagnols et les Américains qui nous ont apporté beaucoup d’enseignements. Même les voisins du Mali, comme les Algériens, ont contribué à l’effort de guerre français.
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