Axa : un assureur mal aimé.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Le marché de l’assurance est porteur, avec le désir des populations de se prémunir contre des risques de plus en plus divers, comme les maladies liées au grand âge (Alzheimer, dépendance...) ou en substitution du désengagement à venir de l’Etat providence (santé, mutuelles...), sans oublier l’angoisse des retraites difficiles, avec la chûte des revenus.
Depuis l’année 2000, le groupe Axa s’est transformé et a accéléré ce changement à partir de la crise de 2007, mais la Bourse le dédaigne. Alors que la plupart de ses concurrents européens valent entre 110 et 120% de leurs fonds propres en Bourse, Axa se situe aux alentours des 65%, c’est le signe qu’il est mal aimé, incompris et son origine française qui le pénalise fiscalement est un handicap majeur. Pourtant, depuis le début de la crise de 2007, le groupe s’est transformé, peu à peu, il a cédé à hauteur de 8 millions d’euros des actifs dans les pays matures, pour réinvestir un peu plus de 6 milliards d’euros dans les pays émergeants. Axa a acheté les activités d’ING au Mexique, ses actionnaires minoritaires en Asie du Sud Est, à travers une OPA qui a connu plusieurs péripéties. Il a monté une coentreprise en Chine, dans l’assurance-vie, avec ICBC. Il s’est développé en Indonésie et il a racheté plusieurs activités dans l’assurance dommages auprès du groupe bancaire HSBC.
En 2007, les pays émergeants ne représentaient que 7% du chiffre d’affaires du groupe, en 2012, leur part était de 14% en assurance dommages et de 17% en assurance vie. C’est un peu moins que d’autres assureurs traditionnels comme le groupe allemand Allianz notamment, mais Axa, parti tardivement, a acheté avec discernement, sans se précipiter, et, jusqu’à présent, il est parvenu à ne pas faire de graves erreurs dans ses acquisitions Dernièrement, il a annoncé la création d’une nouvelle coentreprise avec Dian Ping, l’un des principaux opérateur dans la distribution d’assurance dommages, par le canal d’Internet en Chine. Le groupe est bien placé dans ce pays prometteur parmi les assureurs non domestiques.
Ne pas payer trop cher les acquisitions.
Il y a encore des vides, et ceux-ci sont souvent du fait de la cherté des positions des parts de marché. Le groupe ne s’est pas implanté au Brésil malgré quelques opportunités, il est resté à l’écart soucieux de ces deniers, n’étant pas prêt à dépenser n’importe comment pour s’y installer. Comme écrit plus haut, le groupe Axa est mal aimé par le marché financier. C’est foncièrement vrai en voyant la différence qui existe entre la valorisation des filiales et actifs vendus et la valorisation du groupe Axa en globalité. Lorsque Axa a vendu, récemment, le portefeuille de Mony aux Etats-Unis, la valorisation s’est chiffrée à hauteur de 12 fois les résultats. La filiale assurance dommages au Canada a été vendue sur la base de 13 fois les résultats. Le groupe est valorisé moins de 7 fois ses résultats, c’est la preuve que le marché sous entend qu’il y a des « loups » dans le portefeuille d’Axa. Le groupe résume, un peu la situation de la Bourse de Paris, seule des Bourses mondiales à ne pas avoir recouvré son niveau de 2007. Il existe une grande méfiance sur les valeurs françaises, liée au manque de confiance envers la France.
En France, comme le disait récemment, dans une interview au journal « Les « Échos » (groupe LVMH), le président d’Axa, Henri de Castries, « en impôts et taxes nous avons versé l’an dernier (2012 ndlr) plus de 2 milliards d’euros pour un résultat net de nos activités françaises d’environ 1 milliard d’euros. Cette charge s’est alourdie de 170 millions d’euros du fait des nouvelles mesures fiscales (ndlr). Dans les 57 pays où nous sommes présents, la France est celui où nous payons le plus de charges sociales et fiscales ». Visiblement, le marché n’a pas oublié cette interview et il pénalise le groupe dans sa valorisation, en raison de sa territorialité française. Par ailleurs, avec la taxe sur les transactions financières réduite à 11 pays, la place financière parisienne se tire une balle dans le pied, c’est évident. Cela va favoriser les entreprises qui sont cotées dans les places financières non affectées par cette taxe, le secteur financier français sera pénalisé, il sera moins compétitif, les différents acteurs internationaux qui regardent le titre Axa sous valorisent le groupe du fait de la mauvaise gestion de l’État français et de sa tendance à créer des taxes plus démagogiques les unes que les autres.
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