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Un député sanctionné pour son courage politique
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Marc Le Fur, député UMP des Côtes-d’Armor : «Ce gouvernement est entré dans une logique de mensonge à l’égard de l’opinion.»
C’est le député qui crée l’événement cette semaine : Marc Le Fur, ainsi que ses collègues Yves Albarello et Daniel Fasquelle, feront finalement l’objet d’un simplerappel à l’ordre. Contrairement à ce qu’avait annoncé Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, ces trois parlementaires ne seront pas sanctionnésfinancièrement par le bureau de l’Assemblée pour leur comportement dans l’hémicycle, dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 avril : en plein débat sur le mariage pour tous, ils s’étaient rués vers les bancs du gouvernement et ils avaient menacé physiquement un fonctionnaire du ministère de la Justice qui ricanait en écoutant Marc Le Fur s’exprimer.
Cet incident avait provoqué la colère de Claude Bartolone. Le bureau de l’Assemblée nationale a donc décidé à l’unanimité d’infliger aux trois élus un «rappel à l’ordre», qui n’est pas assorti d’une inscription au procès-verbal comme cela avait été préconisé dans un premier temps. Une telle sanction les aurait privés pendant un mois du quart de leur indemnité parlementaire, soit environ 1 400 euros. Par ailleurs, le bureau va adresser au ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, une lettre «demandant aux membres du gouvernement de faire également preuve de retenue dans l’hémicycle». Au moment où nous bouclons cette édition, Marc Le Fur apprend qu’il est sanctionné, il répond à nos questions…
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez été sanctionné pour avoir fait votre travail de député, car si l’on s’intéresse à l’histoire, ce type d’accrochage mouvementé a été fréquent dans l’hémicycle…
Marc Le Fur : Il faut retenir que ce débat sur la famille a été tronqué par le gouvernement. Nous voulions avoir un vrai débat, un grand débat, avec des états généraux, la consultation du Comité national d’éthique, un référendum… Ce débat, tellement important, devait relever du peuple et on nous a refusé tout cela. Nous avons essayé de poser un maximum de questions, d’obtenir des réponses... Le débat en première lecture a duré 11 jours et 11 nuits, à certains moments nous avions des réponses, à d’autres plus aucune. Et puis, ce gouvernement a dérapé, il est entré dans une logique de mensonge à l’égard de l’opinion. Par exemple, sur le nombre de personnes qui ont participé aux grandes manifestations... À partir du moment où l’on ment à l’opinion, à partir du moment où l’on embarque des jeunes garçons et des jeunes filles pour les mettre en garde à vue, on entre véritablement dans un sujet de démocratie. En deuxième lecture, les choses ont empiré. On ne répondait plus du tout à nos argumentations, il n’y avait plus de débat possible et le gouvernement était dans une logique de «Cause toujours…». Ensuite, nous avons continué de parler et le gouvernement est entré dans une logique de «Taisez-vous…». L’un de ces aspects, ce sont les sanctions qui pèsent contre moi-même et deux de mes collègues qui ont eu le tort d’être très investis dans ce débat, d’être très engagés contre ce projet que nous jugeons néfaste et funeste. Et voilà ce qui s’est passé…
Le clash a commencé lorsqu’un conseiller de Christiane Taubira s’est mis à ricaner en vous écoutant…