SEB va bien.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Le marché du petit électroménager est mondial... Les marques sont souvent locales. Les usages sont différents, selon les habitudesculinaires. A force d’innovation et d’acquisitions de marques locales, la petite Société d’Emboutissage de Bourgogne (SEB)qui inventa l’autocuiseur (cocotte-minute) est devenu le n°1 mondial de son secteur et connaît encore des marges de forte croissance.

SEB : 24 marques et un certain désamour boursier. Il y a quelques mois quelques années déjà, juste avant le plus haut d’avant la crise de la zone euro, le titre SEB s’acheminait royalement vers les 100 euros, dépassant les 80… il se situe à un peu moins de 52 euros en ce moment. Que s’est-il passé ? Un problème sur les résultats, sur le coupon ? Absolument pas ! Le groupe SEB a sorti des résultats historiques l’an dernier, largement au-dessus des 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, malgré un environnement délicat.

Mais voilà, sur 4,06 milliards d’euros de chiffre d’affaires 2012 (+ 2,4%), le résultat opérationnel n’a été « que » de 415 millions d’euros soit un recul de 8,4% avec une marge opérationnelle tombée de 11,4% à 10,2%. La situation n’est certainement pas catastrophique. Récemment, le groupe SEB n’avait pas des résultats aussi brillants. En 2006, son chiffre d’affaires était de 2,65 milliards d’euros avec un résultat opérationnel d’à peine plus de 150 millions d’euros. En six ans, le CA a augmenté de moitié et la marge a presque triplé. En 2008, exercice du démarrage du rebond de la crise, le chiffre d’affaires atteignait les 3,23 milliards d’euros avec 179 millions d’euros de résultat opérationnel.

En 2009, le chiffre d’affaires a reculé légèrement, avec un retrait plus prononcé du résultat opérationnel (la marge est alors tombée à seulement 7,87% du CA). C’est clair, SEB va bien et, même très bien. L’entreprise a fait de la croissance externe durant les dernières années. L’année dernière, elle est parvenue à se désendetter, la dette financière nette, au 31 décembre 2012 étant tombée de 673 millions à 556 millions d’euros en un an. 


Désendetté, SEB distribue plus.

Le résultat net dilué par action est de 4,01 euros, permettant ainsi l’augmentation du dividende celui-ci étant passé de 1,25 euro à 1,32 euro c’est une distribution bien raisonnable. SEB, au titre de son exercice 2012 a versé à ses actionnaires à peine plus de 30% de son résultat par action certes, mais il y a d’autres situations bien plus tendues. Les records de 2010 et de 2011 ont été suivis par un nouveau record du chiffre d’affaires en 2012, même si les résultats n’ont pas été à des niveaux records, le groupe est dans une très grande forme et devrait, tout en restant prudent pour 2013, connaître également une bonne année, à très haut niveau, y compris en ce qui concerne la marge opérationnelle. Il faut noter que SEB est capable de devenir numéro un mondial dans une activité extrêmement diverse avec un total de 24 marques. En résumant, SEB est un peu le Volkswagen français sachant, bien sûr que ce groupe automobile n’a rien à voir avec les friteuses, les fers à repasser, les ventilateurs, les autocuiseurs. Le petit électroménager a un point commun avec le secteur automobile, c’est le « sur-mesure ». En effet, le groupe SEB dispose de 24 marques, certaines sont mondiales (T-Fal en Amérique, Krups, Moulinex) certaines sont locales, le fer à repasser de SEB s’appelle Calor, en France, Arno au Brésil tout en étant vendu sous le nom de T-Fal aux Etats-Unis. Ce qui est intéressant dans l’histoire de la réussite de la Société d’Emboutissage de Bourgogne c’est qu’il y a eu, à la fois, préservation des usages locaux et mondialisation de tout ce qui pouvait l’être, avec des productions au plus près des besoins des consommateurs quand l’intelligence et la logique le commandent. Le groupe est un vrai caméléon des marques. Aux Etats-Unis, le même produit est vendu sous le nom de T-Fal un peu partout mais dans une enseigne à faibles prix tel que Wal-Mart, c’est le nom de Mirro qui est utilisé. C’est la même chose au Brésil où la marque Arno a une certaine valeur ajoutée, un positionnement prix correct mais, lorsqu’il faut faire tourner les usines en déstockant, en faisant des offres « au ras des pâquerettes », c’est la marque Panex qui est la plus utilisée. 

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