L’Effroyable imposture du rap
LITTÉRATURE
Cela fait des années que certaines stations de radio matraquent du rap pour capter l’auditoire des jeunes des banlieues, mais aussi des jeunes bourgeois qui ont ainsi l’impression de s’encanailler… Tout le monde s’accorde à reconnaître que, sauf de très rares exceptions, le rap a pour effet d’entraîner un appauvrissement du langage, fait l’apologie de la drogue, de la violence, de la prostitution et véhicule des concepts qui contribuent à la haine de la France.
Dans un livre-choc, un jeune essayiste d’origine camerounaise, qui a grandi en banlieue parisienne, dénonce cette effroyable imposture du rap. Pour rédiger cet ouvrage, Cardet est remonté aux origines du rap en France et il a découvert un véritable plan initié par le Parti socialiste, visant à stigmatiser les pauvres entre eux. Ainsi, en empêchant toute cohésion dans la contestation populaire et en divisant les jeunes des banlieues, le PS a déconscientisé les classes populaires afin de masquer son incapacité à résoudre les problèmes économiques : «Il y a un paradoxe dans le rap. Pendant que la majorité des auditeurs du rap sont confortés dans une imagerie antisystème qui, malheureusement, se traduit par une imagerie anti-France, on exclut ces jeunes du sentiment national et cela permet à cette bourgeoisie d’atomiser l’individu. Comme la nation n’est plus là pour protéger une partie des individus, notamment le prolétariat, cela entraîne une accumulation d’individualités et chacun devient une proie pour l’industrie du divertissement et du plaisir, ce que l’on pourrait traduire par le grand capital. Cela maintient paradoxalement ces gens dans un discours antisystème et revendicateur, tout en les confortant dans un paradigme ultralibéral. Là est la tartufferie ! Le rap prétend pouvoir allier un hédonisme libéral avec un discours contestataire. Les auditeurs du rap sont maintenus dans l’illusion d’une société de jouissance, mais jouir sans argent, cela conduit à une société de crédit. Les gens des quartiers populaires sont dans l’illusion de consommer, de pouvoir profiter de la société d’hyperconsommation, alors qu’ils sont totalement aliénés. Pour accéder au rêve, ils doivent faire des crédits ou recourir à des moyens illicites… Le rap est historiquement le plus fort des moyens de domination, car c’est le plus subtil. Dans les quartiers, on a tendance à se méfier de la télévision, on a tendance à se méfier de la politique, on a tendance à se méfier de la publicité et, pendant ce temps, on tombe dans la gueule du loup du rap… L’endettement et l’assistanat public, c’est une forme de domination.»
À cela s’ajoutent les discours de haine contre la France pour diviser la population. Cardet est le premier à pouvoir écrire cela, car il est d’origine africaine et il estime que ce qui empêche toute critique du rap, c’est la peur de passer pour raciste : «En 1983, le gouvernement socialiste avait déjà trahi toutes ses promesses. Le prolétariat, voyant les trahisons socialistes, allait évidemment se rebeller contre le pouvoir en place. Face à cela, la seule solution qu’ils ont trouvée consistait à ethniciser les rapports sociaux. Dans un premier temps, il y a eu SOS Racisme qui a eu pour effet de diviser les quartiers populaires entre eux, les noirs et les Arabes d’un côté, avec un discours victimaire du type : «Tout est de la faute du méchant blanc…» De l’autre, ils ont ostracisé les blancs des quartiers populaires en les traitant de fascistes ou de colonialistes. Après le deuxième septennat de François Mitterrand, les mêmes qui étaient pour SOS Racisme en 1983 ont voté pour la loi anti voile en 1989. Les gentils beurs sont devenus les méchants barbus… A partir de ce moment, ce qui a pris le relais de SOS Racisme, toujours dans l’objectif d’ethniciser les conflits, c’est le rap. Le rap est devenu le nouvel SOS Racisme, toujours dans l’esprit de diviser pour mieux régner… La récupération totale du vote immigré est passée par le biais du rap. Le rap reprend tout le catéchisme de SOS Racisme sur la repentance, le discours victimaire et la critique totale des corps de métier, notamment la police. Petit à petit, on a assisté à une infiltration de la religion musulmane dans les textes de rap, ce qui me fait dire que le rap a aussi participé à une perversion de la pratique de l’islam. Tout cela a donné un gloubi-boulga idéologique qui a contribué à dépolitiser et à déconscientiser les gens des quartiers populaires. Cela a bénéficié au Parti socialiste, mais aussi aux autres partis car pour le Front National, s’il n’y avait pas eu le rap, il aurait fallu l’inventer ! Le rap regroupe en effet les pires clichés que l’on peut avoir sur les Français issus de l’immigration. Finalement, le rap bénéficie à tout le monde et, au milieu de tout cela, il y a les honnêtes gens, les blancs qui habitent en province et les noirs et les Arabes qui travaillent honnêtement dans les quartiers, qui se trouvent tous pris en otage par cette nouvelle idéologie de l’antiracisme sur disque. Je peux dénoncer cela facilement parce que je suis noir... Je sais, tout le monde pense cela, mais personne n’ose le dénoncer par crainte d’être catalogué comme raciste…»
Cardet dénonce cette représentation médiatique du rap : «Le rap, cela reste incarné par La Fouine ou Booba, c’est une catastrophe. Ce n’est même plus de la sous-culture, c’est une contre-culture de masse, c’est de la soupe populaire, car c’est quand même porté par des gens qui sont censés être cultivés, comme Les Inrockuptibles ou la radio Skyrock… Les textes sont d’une vulgarité extrême. C’est le degré zéro de la réflexion, c’est la mystification de la prison, c’est le machisme, c’est l’apologie de la drogue… En plus, il y a une manière de créer ce que l’on appelle les «islamo-racailles». Avec quelqu’un comme Booba ou La Fouine, on n’a plus besoin de Front National, ils font le boulot eux-mêmes ! D’un côté, on parle de l’islam, de l’autre, on parle des armes et des putes ! Si tout cela n’était pas relayé par les médias dominants, on n’en parlerait pas. Je vous rappelle que lorsque Skyrock a failli fermer, François Hollande est venu au chevet de Skyrock… Et c’est le Crédit Agricole qui a sauvé Skyrock sous Nicolas Sarkozy, il faut tout de même se poser ces questions…»
Le livre de Cardet est un énorme succès de librairie : «Je reçois énormément de messages de ceux que j’appelle les honnêtes gens. J’ai 100% des honnêtes gens de mon côté ! D’abord, mes parents sont fiers de moi, c’est très important pour moi. J’ai aussi écrit ce livre pour ceux qui en ont assez de faire honte à leurs parents, les noirs et les Arabes des quartiers populaires, mais également les blancs de la bourgeoisie qui s’encanaillent en écoutant du rap en singeant les pauvres. Il faut arrêter de faire honte à nos parents ! Face à moi, j’ai évidemment toute l’intelligentsia, mais il suffit d’en débrancher un, puis deux et trois, et le livre a le mérite d’exister… Regardez Booba qui dit «Fuck la France»... C’est une réalité, le Parti socialiste peut essayer de discréditer le contenu de mon livre, mais ce que j’écris est une réalité. Tout cela est humiliant, on doit dénoncer cette saloperie».
«L’effroyable imposture du rap» de Cardet est publié aux Editions Kontre Kulture.
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