Le micropaiement tire la croissance de BD Multimedia
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
Daniel Dorra, PDG de BD Multimedia :«Notre ambition est de devenir un agrégateur de moyens de paiement, avec toutes les cartes bancaires, le paiement direct par opérateur et les cartes prépayées».
La société BD Multimedia a bouclé son exercice 2012 avec un chiffre d’affaires de 33,54 millions d’euros, en croissance de 30,7% par rapport à 2011, soutenu par le micropaiement (+ 57% à 23,2 millions d’euros) alors que les autres activités sont en recul. Le résultat d’exploitation s’accroît de 44% à 2,31 millions d’euros, grâce à la contribution du micropaiement (3,4 millions d’euros). Le bénéfice net atteint 4,03 millions d’euros, renforcé par la plus-value de cession d’Apogea, la SSII du groupe, qui a contribué à hauteur de 7,4 millions d’euros aux revenus 2012.
Après réception du solde du prix de vente, latrésorerie ressortait à 6,3 millions d’euros fin janvier dernier, avec un endettement très faible. Daniel Dorra, PDG de BD Multimedia, fait le point sur la situation de son groupe, qui devrait connaître une évolution importante au cours des prochains mois puisqu’il annonce le lancement d’une solution de micropaiement, dans le monde entier, à destination des petits et moyens éditeurs de sites. Il nous explique pourquoi il est convaincu que le micropaiement a vocation à se développer au cours des prochaines années.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez commencé avec le Minitel, à l’époque des sites de rencontre, et vous avez pris le virage de l’Internet en développant des solutions de micropaiement. Où en êtes-vous ?
Daniel Dorra : Beaucoup ont commencé à l’époque du Minitel. Certains ont vendu pour repartir de zéro, c’était un bon choix : je pense à Marc Simoncini (NDLR : fondateur de Meetic) qui s’est lancé en pur opérateur Internet. De notre côté, nous avons gardé le Minitel pendant longtemps, parce que c’était quelque chose qui rapportait beaucoup, et nous avons eu un peu plus de difficultés dans notre reconversion. Il nous a fallu une dizaine d’années pour changer de métier. Cela fait longtemps que je voulais entrer dans le micropaiement mais, à l’époque, Allopass a eu un procès très long avec France Telecom. Nous nous sommes lancés plus tard. J’avais cette idée parce que je pensais que c’était une manière de faciliter la consultation payante des sites. J’ai compris cela lorsque je me suis associé avec le groupe suédois Bonnier, qui édite des magazines. Ils ont lancé au Danemark une formule d’abonnement sans durée précise et ce fut un succès total. Ce modèle de liberté de consultation guide toute notre histoire. Nous avons expérimenté StarPass pendant quelques années en France, en entrant après les autres sur ce marché. En appliquant des principes relativement simples, on arrive à se tailler une part de marché.
L’année dernière, il y a eu quelques remous avec les opérateurs et nous avons tous connu des baisses de chiffre d’affaires. Ce qui s’est passé, c’est que SFR a très mal contrôlé ses utilisateurs finaux et il y a eu des centaines de milliers de cartes fraudées. Comme ils ont été incapables de contrôler cela, ils nous ont demandé, ainsi qu’à nos confrères, de virer tous les clients qui étaient potentiellement fraudeurs. C’est un épiphénomène qui amène aujourd’hui davantage de régulation. Ce n’est pas plus mal. Aujourd’hui, nous sommes sur une ligne bien claire sur ce produit et nous avons décidé d’en faire un succès international sur Internet. Cette année, j’ai créé BD Multimedia à Hong Kong et cela va me servir de base. C’est très intéressant, parce qu’il y a des compétences en Chine et à Hong Kong, c’est bon marché et c’est un environnement très accueillant pour les affaires. Dans la concurrence internationale, nous sommes donc très bien placés. Nous allons sortir notre publicité dans toutes les langues pour Payduo, notre nouvelle marque internationale. Notre ambition est de devenir un agrégateur de moyens de paiement, avec toutes les cartes bancaires, le paiement direct par opérateur et les cartes prépayées. Nous allons intégrer tous ces moyens de paiement dans une seule solution et n’importe quel petit éditeur de site pourra, grâce à cette application, protéger et faire payer ses pages dans le pays de son choix et avec le moyen de paiement de son choix. Nous visons clairement les petits et les moyens éditeurs de sites. Nous n’irons pas démarcher les gros, car nous ne voulons pas nous bagarrer sur les prix.
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