⟵ Retour
Le marché des résidences secondaires est paralysé.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean Dugor, président du Conseil régional des Notaires de Rennes : «Les gens sont prêts à payer un peu plus cher pour avoir une adresse dans une station de prestige.»
Les notaires de l’Ouest viennent de publier une grande étude sur le marché des résidences secondaires pour toutes les communes allant du Calvados aux Pyrénées-Atlantiques. C’est la première fois qu’un document aussi complet analyse les tendances de ce marché spécifique qui est en plein bouleversement. À l’occasion d’une conférence de presse à La Baule, les notaires ont présenté, département par département, les orientations du marché de la résidence secondaire. Il apparaît que la demande a fléchi, les prix ont diminué et, même si les baisses de prix ne sont pas spectaculaires, les marges de négociation augmentent. Cependant, il s’agit d’un marché très complexe et, plus que jamais, les marques priment.
Acquérir une résidence secondaire, c’est aussi acheter une adresse, donc une marque. Sur des centaines de kilomètres de côtes, de la Manche à l’Atlantique, une dizaine de marques restent des valeurs sûres. En premier lieu, il y a Deauville. On trouve ensuite, dans des ordres divers, selon les types de biens, des stations comme Lège-Cap Ferret, Saint-Jean-de-Luz, La Baule, Carnac, Arcachon, Biarritz et l’Ile de Ré. Les notaires observent une légère baisse des prix dans ces stations, mais ils estiment que même si le marché est bloqué, les prix ne diminueront pas davantage. En revanche, pour de très nombreuses autres villes, les baisses sont plus importantes : par exemple -20% à Saint-Quay-Portrieux ou Paimpol pour les maisons anciennes.
L’Hebdo-Bourseplus : Finalement, à force de taxer les propriétaires, les gouvernements successifs ont réussi à éloigner les investisseurs…
Jean Dugor : Malheureusement, les investisseurs ont intégré une espèce d’habitude d’instabilité fiscale dans notre pays. Aujourd’hui, il est difficile d’avoir une stratégie d’investissement. L’investissement qui peut paraître intéressant, même dans l’immobilier, peut être demain fiscalement stigmatisé. C’est le cas des résidences secondaires avec les annonces qui ont été faites, notamment concernant la création d’une taxe spécifique sur la résidence secondaire avec une aggravation de la taxation de la plus-value. Toutes ces choses n’incitent pas l’investisseur à se diriger vers ce type d’investissement, bien que cela reste de l’immobilier, de l’immobilier bien placé, et nous sommes convaincus que cela gardera de la valeur sur le terme.
Peut-on toujours penser cela, alors que de nombreux observateurs craignent une remise en cause de la propriété privée ?