Michelin monte en puissance.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Le titre Michelin a fait l’objet, pour vous, de nombreux “aller-retour” avec achat entre 40 et 45 euros et revente à l’approche ou au-dessus de 60 euros. Le changement de dimension de l’entreprise nous fait remonter la fourchette d’achat à 50-55 euros, pour viser une revente entre 70 et 75 euros, désormais. La PME de Clermont-Ferrand est devenue une belle “machine à cash”.

L’innovation reste un atout majeur pour Michelin, car cela permet au pneumaticien d’imposer ses prix ! Le titre Michelin a une assez bonne tenue en Bourse. Sur unepériode  de dix années, nous avons réalisé plusieurs « aller et retour » très juteux, grappillant entre 10 et 20 euros durant les errements du marché. Le groupe a sorti des comptes 2012 excellents, au-delà de ses propres objectifs, et, sauf aggravation de la conjoncture, l’année 2013 devrait se trouver dans la même foulée. À cause de la baisse du marché européen automobile qui touche la première monte, avec les carburants chers qui obligent les conducteurs à réduire leurs déplacements, leschangements fondamentaux du groupe Michelin, durant les dernières années, ont été mis sous silence.

En effet, Michelin a lancé une importante augmentation decapital, à 45 euros l’action, pour avoir les moyens de construire des usines, notamment en Inde et en Chine sans oublier des renforcements de capacités dans d’autres pays où se trouve la croissance. Les comptes de 2011 et ceux de 2012 ont prouvé que l’arrivée effective de la production de ces usines était un renfort puissant pour la marge, car ces volumes additionnels augmentent le chiffre d’affaires dans ce métier où une grande partie des coûts provient de la recherche et développement (R & D), un coût fixe en fait. 


Une adaptation de son outil “en amont”.


De plus, le groupe Michelin a opéré une très importante restructuration sur son pré carré européen, supprimant des capacités de production en 2009 et en 2010, avec 11,5 millions de pneumatiques en moins par an, désengorgeant ainsi le marché européen de ses pneus, ayant fermé les usines de Bourges et Toul en France, de Turin en Italie, et de Lasarte en Espagne. Les concurrents du groupe l’ont imité par la suite sauf le groupe Continental qui a fermé un site en Allemagne et un autre à Clairoix en France, soit 10 millions de pneumatiques en moins fabriqués en Europe occidentale. Le groupe Goodyear, quant à lui, ferme son site d’Amiens, 5,5 millions de pneumatiques produits, le climat social fait que ce site est fermé de fait même si les salariés sont encore payés. Pirelli, lui, a légèrement levé le pied sur l’usine de pneumatiques pour poids lourds de Turin et a fermé son site de Manresa en Espagne. Avec la baisse de production de voitures neuves, le groupe Michelin et ses confrères sont en surcapacité de production en Europe. Michelin utilise 75% de ses capacités sur les fabrications de pneumatiques pour les véhicules de tourisme en Europe, et 60% sur celles dont les pneumatiques sont destinés aux poids lourds. La durée de vie des pneumatiques s’est nettement rallongée chez les particuliers et bien plus encore au sein des entreprises.

Par ailleurs, la réduction de la vitesse en France comme en Europe, préserve davantage les pneumatiques qui subissent bien moins les effets de freinages répétés préservant la gomme des pneumatiques qui, bien sûr, durent plus longtemps entre 5.000 et 10.000 kilomètres en fonction de la ligne de conduite de l’automobiliste. Le basculement progressif du marché européen vers des voitures équipées de roues qui demandent une monte plus large, est un facteur favorable pour les fabricants de pneumatiques car même s’ils en vendent moins, les prix sont plus élevés. Les utilisateurs des monospaces, des 4X4 ou des pseudo 4X4 ont appris à les conduire après avoir constaté que de nombreux freinages lors de ralentissements (ronds-points, par exemple, très nombreux sur les routes), usaient très rapidement la gomme des pneumatiques. Il y a eu un ralentissement important des volumes en première monte (moins 10% en 2012, moins 8% estimés pour le premier trimestre de 2013), mais sur le marché des poids lourds, le volume annuel de 26,7 millions constaté en 2007 est descendu à 20,2 millions en 2012, ce qui devrait être une sorte de plancher car il faut bien que les entreprises renouvellent les pneumatiques de leurs véhicules.

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