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Le moteur français qui vient chatouiller Google...
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean-Manuel Rozan, cofondateur de Qwant : «Google est une machine dont le but est de vous vendre ce que l’on vous montre, mais elle fait aussi en sorte que vous n’achetiez pas ce qu’elle ne sait pas vous vendre…»
C’est un événement, une fierté nationale et on peut aussi espérer que ce sera une belle réussite : Qwant, le nouveau moteur de recherche français, a été inauguré le mois dernier dans 15 langues et dans 35 pays. Le secret a été bien gardé et le lancement de Qwant a constitué une véritable surprise pour tous les observateurs. Ce moteur a été fondé par trois personnes, dont le financier Jean-Manuel Rozan, le spécialiste de la sécurité informatique Éric Leandri et la société Pertimm, qui développe des moteurs de recherche professionnels. Le projet Qwant a mobilisé une équipe de vingt personnes pendant deux ans.
Le concept dépasse celui de Google puisqu’il offre, en une recherche, l’accès à la totalité de l’Internet en un seul écran grâce à une présentation originale sous forme de vignettes. Ainsi, lorsque l’internaute tape une requête, le moteur de recherche propose plusieurs catégories de réponses : Web, Live, Social (réseaux sociaux) et Shopping. Or, lorsque l’on compare les résultats de mêmes requêtes postées sur Google et Qwant, on constate rapidement que Google n’est pas toujours très objectif et que ses amis et partenaires sont largement privilégiés… Jean-Manuel Rozan, cofondateur de Qwant, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous avez un parcours très généraliste, puisque vous êtes financier et vous avez même écrit un roman sur le monde de la finance. Comment l’idée de créer un moteur de recherche est-elle née ?
Jean-Manuel Rozan : Pour être franc, ce n’est pas mon idée. Nous sommes trois fondateurs et, dans l’équipe, il y a Eric Léandri qui est le fondateur de plusieurs technologies de pointe. Dans mon parcours généraliste, il y a une partie Internet, parce que l’on ne peut pas vivre aujourd’hui sans se préoccuper de l’Internet. J’avais moi-même investi dans une société, Small World, qui était l’un des précurseurs des réseaux sociaux. C’était très intéressant car c’était sans doute le premier réseau social, deux ans avant Facebook, et j’étais le plus gros investisseur de cette petite entreprise qui aurait pu être un immense succès.
Mais on s’y est mal pris… Quand j’ai rencontré Éric, c’était à un moment très précis : c’était au moment où Google n’affichait plus une politique neutre, mais une politique délibérée, qui consistait à présenter en premier ce qu’ils voulaient montrer ou vendre aux utilisateurs. C’est très daté dans l’histoire de l’Internet, c’est très précis !