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La SSII française continue de progresser malgré la crise du secteur
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Luc de Chammard, PDG de Neurones : «Quand on va constater les dégâts, ce qui ne va pas tarder, on peut espérer que nos gouvernants prendront des mesures qui permettront à nouveau de favoriser l’entreprenariat.»
Avec plus de 3700 salariés, Neurones est un groupe de conseil (management et organisation) et de services informatiques (infrastructures et applications) qui accompagne ses clients dans leurs projets de transformation, ainsi que dans l’évolution et l’infogérance de leurs systèmes d’information. La taille du groupe a doublé au cours des cinq dernières années. L’activité de Neurones a connu une progression de +11,3% (dont +9,3% en croissance interne) sur l’ensemble de l’année 2012.
Le résultat opérationnel 2012 progresse également et s’établit à 8,9% du chiffre d’affaires. La transformation du résultat net en cash a été satisfaisante : la trésorerie (nette d’endettement) était en fin d’année 2012 de 87,8 millions d’euros (soit 3,71 euros par action). Luc de Chammard, PDG de Neurones, commente l’actualité du groupe et laisse entendre que les perspectives 2013 sont identiques à celles des précédentes années.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous annoncez chaque année une progression de vos résultats et vous insistez souvent sur l’efficacité de votre organisation interne car vos équipes sont en conquête permanente en raison de leur motivation. Votre système d’intéressement fonctionne donc depuis des années, alors pourquoi n’avez-vous pas encore été copiés ?
Luc de Chammard : Chaque société a sa propre histoire. En ce qui nous concerne, nous avons démarré vingt ans après les acteurs historiques du métier. Quand on démarre vingt ans après les autres, il faut marcher à grandes enjambées si l’on veut occuper la place que l’on mérite sur l’échiquier des grandes sociétés de services et de conseil en France. Le vocable SSII ou société de conseil correspond à des métiers très variés. Il n’y a pas deux acteurs qui se ressemblent et le profil de chaque acteur dépend d’une spécialité qu’il a pu choisir. En ce qui nous concerne, nous nous sommes concentrés sur les infrastructures et l’infogérance. On ne peut pas se passer des infrastructures, parce qu’il y a une explosion des données de l’entreprise, on parle même de Big data, et ces données doivent être stockées, elles doivent circuler et être protégées par des infrastructures solides.
Quand il y a un ralentissement de la conjoncture - ce qui est le cas, même dans les services informatiques, puisqu’en 2012 le marché a été instable et, en 2013, il est prévu une régression de -0,9% sur le marché - les entreprises peuvent repousser les nouveaux projets de développements applicatifs, l’intégration de nouvelles versions, la migration ou le développement d’applicatifs spécifiques, mais tout l’existant doit continuer à être supporté. C’est aussi une part de l’explication de la poursuite de la croissance de Neurones, dont le chiffre d’affaires repose très largement sur les applicatifs, à hauteur de 70%.