Radars : le grand mensonge
LITTÉRATURE
Cette semaine, face à la colère des automobilistes avec cette hausse prochaine du PV de stationnement, nous avons demandé à Jean-Luc Nobleaux de nous parler de son livre publié en octobre 2009 mais qui est toujours d’actualité. Jean-Luc Nobleaux est journaliste de presse auto-moto. Ex-pilote de vitesse (vice-champion de France moto 1983), il s’est orienté vers le journalisme spécialisé en 1986. Outre ses propres rubriques, il s’intéresse particulièrement aux carburants alternatifs, à l’environnement, à la sécurité routière et aux sujets de société.
Tous les automobilistes savent que la multiplication des radars sert davantage à remplir les caisses de l’État qu’à assurer la sécurité routière… Mais ce que l’on sait moins, c’est que les gouvernements de gauche et de droite, qui conduisent la même politique, ont aussi un projet moins avouable : le fichage de la société française. Les progrès technologiques permettent de contrôler, grâce à ces machines, les déplacements de chacun. Plus grave encore, la politique de répression contre les automobilistes dissimule une attaque idéologique de grande ampleur visant à assurer la transition vers une société collectiviste. Car l’automobile, c’est d’abord le symbole de la propriété privée, du confort personnel, de l’individualisme, de la liberté de se déplacer… Et cela dérange les États qui entendent contrôler et régenter la vie de leur population.
Dans son livre, Jean-Luc Nobleaux estime que cette politique des radars automatiques est une arnaque qui combine mensonge et inefficacité : «Le radar en lui-même n’est pas une mauvaise chose quand il est bien utilisé, comme en Angleterre, où il est installé sur les points noirs du réseau. C’est le système des radars à la française qui est une mauvaise chose. En France, on est dans un système un peu mafieux qui répond à deux objectifs majeurs : le business, car les radars sont une machine à cash, une partie de cet argent sert à rembourser la dette et l’autre partie du pactole reste entre les mains d’une petite clique, entre le public et le privé, tout en haut de la pyramide. Le deuxième objectif, ce n’est pas secret, mais c’est discret, c’est ce que les sociologues appellent le contrôle de la population. Les nouvelles technologies vont bientôt permettre, grâce au maillage de ces miradors routiers, un traçage de tous les déplacements motorisés. Il faut bien être conscient que c’est Big Brother au bord des routes !»
Plus grave encore, la personne qui roule tranquillement sur l’autoroute à 130 km/h peut penser qu’elle ne sera pas identifiée, alors que la technologie permet pratiquement tout, même à partir d’une simple photo : «Il faut fréquenter les salons comme le Milipol (Salon mondial de la sécurité intérieure des États) pour découvrir cela. Il y a des systèmes comme le GPS ou nos papiers biométriques, c’est-à-dire la reconnaissance faciale grâce à la biométrie. Des systèmes permettent d’enregistrer et de reconnaître des milliers de plaques d’immatriculation en même temps. Les nouvelles technologies permettront demain de mettre en place un flicage de nouvelle génération qui va permettre à la puissance publique de retracer tous nos déplacements. Pour l’instant, les gens sont obsédés par le côté fiscal du système mais, derrière, il y a une vraie stratégie de contrôle de la société».
Mais pourquoi les gouvernements appliquent-ils la même politique à l’égard des automobilistes ? Pour Jean-Luc Nobleaux, «c’est la question centrale. On se rend compte que la répression routière est un problème de société et l’UMP et le PS sont toujours sur la même ligne. C’est un problème de société. Pour schématiser, la France est un pays en faillite qui a une grosse dette à rembourser et, comme cela va mal financièrement, la totalité de l’impôt sur le revenu sert à payer la dette. Il faut donc que les pouvoirs publics mettent en place un deuxième impôt sur le revenu. Depuis longtemps, ce deuxième impôt vise le déplacement individuel, à savoir l’automobile. Grâce à l’automobile, on arrive à avoir des chiffres fiscaux qui se rapprochent de l’impôt sur le revenu et c’est ce que j’appelle le deuxième impôt sur le revenu. Dans cette stratégie de rapacité fiscale, il y a la répression routière».
Donc, «quand on veut des rentrées fiscales, il faut s’attaquer à la France des classes moyennes, la France de la population active, et cela se fait au détriment de la véritable sécurité. On se rend compte que les petits délinquants et les gros délinquants sont épargnés par le système. La seule politique sécuritaire mise en place par Nicolas Sarkozy - et cela continue avec François Hollande - ne touche que les classes moyennes de la société, parce que les automobilistes sont des gens que l’on peut atteindre facilement, qui ne se défendent pas et qui peuvent payer !»
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