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La jeune pousse française signe un contrat majeur aux États-Unis
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Thierry Rouquet, président du directoire d’Arkoon Network Security : «Le risque informatique est une arme de guerre pour pénétrer les réseaux.»
Arkoon Network Security est une entreprise française, basée en région lyonnaise, qui pourrait bien devenir un géant mondial dans son domaine. Elle vient d’annoncer la signature d’un contrat de premier plan avec l’une des plus grandes administrations nord-américaines qui opère dans un «secteur stratégique». Dans le cadre de ce contrat, plus de 110 000 licences de la solution de sécurité StormShield seront déployées. Le contrat porte sur un montant de plusieurs centaines de milliers d’euros. L’administration nord-américaine envisage d’ores et déjà d’étendre sa collaboration avec l’éditeur français.
Signalons que pour 2012, le chiffre d’affaires consolidé d’Arkoon s’est établi à 13,03 millions d’euros, en progression de 18,7%, et les facturations sont en hausse de 23% à 13,72 millions. L’international, à un million d’euros (chiffre d’affaires direct, hors ventes export via opérateurs en France) marque également une percée de +16%, notamment sur le continent nord-américain (+21%). Le chiffre d’affaires récurrent lié aux contrats de maintenance, mises à jour logiciels et d’abonnements aux services de sécurité représente 33% de l’activité totale. Thierry Rouquet, président du directoire d’Arkoon Network Security, répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez d’annoncer un contrat important avec des administrations nord-américaines très sensibles. Dans le domaine de la sécurité, il y a des enjeux entre les États et le fait d’être une entreprise française indépendante constitue un atout en France. Mais pourquoi les Américains ont-ils choisi de faire appel à vous, alors que le critère de nationalité pourrait entraîner une certaine méfiance de leur part ?
Thierry Rouquet : Quand on parle de sécurité, on parle d’abord de confiance, mais ce n’est pas le seul critère. Il y a un élément très important, c’est la technicité de la solution et sa capacité à rendre ce fameux service de protection. Aujourd’hui, les choses s’accélèrent de manière extrêmement importante et il y a une prise de conscience sur la réalité de la menace informatique. Barack Obama lui-même, dans son discours de l’Union, a demandé la mobilisation des Américains sur le risque informatique et il s’est appuyé sur un rapport effectué par un grand cabinet de conseil en sécurité qui a dévoilé que l’ensemble des sociétés aux États-Unis étaient victimes d’attaques massives de la part du gouvernement chinois. Ils ont même localisé un bâtiment entier à Shanghai, avec des pirates chinois qui passent leur temps à donner au gouvernement chinois des secrets stratégiques !
Nous avons changé de dimension. Le risque informatique, ce n’est plus un problème de virus, ce n’est plus simplement un problème de cheval de Troie pour ennuyer les utilisateurs : c’est une arme de guerre pour pénétrer les réseaux. Les attaques de nouvelle génération sont ciblées et elles sont destinées à aller voler de l’information. Il s’agit des secrets de fabrication, de propriété intellectuelle ou d’informations boursières. La question est de savoir quelles sont les solutions qui seront adaptées pour se protéger contre ces nouvelles attaques. Il se trouve que notre technologie est extrêmement bien placée. Elle est même en tête dans le monde dans ce domaine.