EADS : après le roulage, le décollage.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
Le “trou d’air” de 2005-2006 (A380) et celui de 2008-2009 (avion de transport militaire A400M) ont été surmontés et EADS“entreprise normale” va tourner la page de Lagardère, tout en arrivant à faire coïncider gros profits et lancements des A320neoen même temps que celui des A350 XWB. En Bourse, le pallier des 30 € est oublié, celui des 40 € atteint et l’objectif de 45-50 € en vue.
EADS est sur la bonne piste ! Il y a quelques semaines, lors de ma dernière étude financière publiée sur le titre EADS, j’ai conclu qu’à court terme, je voyais le titre monter à 35 euros, puis, à plus ou moyen terme, se stabiliser entre 45 et 50 euros. Il n’a fallu que quelques semaines pour que mes perspectives de cours se révèlent exactes. En effet, au début de cette semaine, le cours a enregistré deux passages aux alentours des 40 euros, cours jamais vu depuis l’introduction en Bourse du groupe, il y a environ douze ans. Ces nouveaux records sur le titre EADS coïncident avec la demande par le Parquet de Paris du renvoi en correctionnelle des groupes Daimler, Lagardère ainsi que sept personnes dont l’ancien co-président d’EADS, Noël Forgeard, pour délits d’initiés dans le cadre de la vente de titres EADS en 2005 et en 2006, reclassement intervenu juste avant l’annonce de retards importants sur le déploiement de l’avion géant, l’Airbus A380. Pourtant, même en ayant souffert d’une chute provisoire, un peu en dessous des 10 euros, les acheteurs de titres EADS entre 32 et 35 euros, à l’époque, ont conservé leurs actions et ont touché un dividende chaque année, et, de plus, leur placement fait très bonne figure face à l’évolution des indices sur la même durée de détention.
Bonnes nouvelles en série.
Les résultats de 2012 d’EADS ont été « la cerise sur le gâteau » après toute une série de très bonnes nouvelles. Il y a eu tout d’abord, l’annonce, cet automne, du rachat d’environ 15% du capital de la société par elle-même, ce qui permettra d’organiser sans arrosage sur le marché, la sortie du groupe Lagardère, qui va céder ses 7,5% dans le capital d’EADS, pour environ 2 milliards d’euros, un montant inespéré il y a quelques trimestres. Il y a, aussi, et c’est une bonne nouvelle pour EADS, le bras de fer qui a eu lieu entre Tom Enders, et la Chancelière fédérale allemande, Madame Angela Merkel, à propos du siège social de la société. La Chancelière allemande voulait au moins, une partie du siège en Allemagne et il a été décidé, qu’il serait entièrement à Toulouse, pour simplifier et pour économiser de l’argent, il n’est plus question d’avoir un siège social éclaté entre Munich, Hambourg, Paris et Toulouse. EADS ressemble, maintenant à une entreprise ordinaire, elle a un siège unique et c’est là où se situe son principal potentiel industriel et d’ingénierie, à Toulouse, à l’ancien siège de l’Aérospatiale française.
Le groupe Airbus, de son côté, augmente les cadences de fabrication de ses Airbus A320 là où il peut le faire et non pas selon le bon vouloir des politiques, actuellement, en mars 2013, la production des Airbus A318 – A319 – A320 et A321 effectuée à Toulouse, dépasse les deux exemplaires mensuels, plafond théorique au-delà duquel il fallait déplacer la fabrication des avions à Hambourg. Pour des raisons de logistique et d’organisation il n’est pas question de supprimer la chaîne de montage d’Hambourg mais, la chaîne de fabrication des A330 se trouve, aussi, à Toulouse, elle fonctionne à plus de dix exemplaires mensuels désormais. Les A380, selon les destinations, sont finalisés et préparés soit à Toulouse soit à Hambourg mais, sont entièrement fabriqués, peu importe les clients, sur la chaîne de Toulouse. Les chaînes des gros porteurs de Toulouse seront renforcées par la fabrication des A350 XWB, et, pour lâcher un peu de pression, les A330 cargos seront montés à Mobile, dans l’Alabama, un port du Sud des Etats-Unis, qui servira, (en cas d’échec du groupe Boeing sur son avion ravitailleur), à fabriquer (au pied levé), des avions ravitailleurs pour l’US Air Force, pour l’essentiel du contrat dont la première manche avait été remportée par Boeing, au grand étonnement de bon nombre d’observateurs.
Airbus, clairement n°1 mondial.
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