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Entretien avec la rapporteure de la loi sur la réforme des activités bancaires
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes : «Les banques nous devaient quelque chose, leur survie de 2008, et elles ont parfois semblé l’oublier.»
Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, est économiste et elle est souvent présentée comme l’une des valeurs montantes du Parti socialiste. Elle s’est illustrée en défendant à l’Assemblée nationale l’une des lois phares du quinquennat de François Hollande, celle portant sur la réforme bancaire et qui y a été votée la semaine dernière. Elle répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Ce texte sur la réforme bancaire n’a pas occupé la une des journaux de 20 heures, mais il sera important en fonction de ce que le gouvernement en fera dans son application…
Karine Berger : C’est une première au niveau européen puisque c’est la première fois, depuis la crise de 2008, que l’on vote une réforme structurelle des banques. Ce qui s’est passé en 2008 est une catastrophe financière historique, nous n’avions pas connu un crash de cette ampleur depuis les années 30. Les conséquences sur l’emploi ont été catastrophiques et nous n’avions pas encore eu de réponse à l’ampleur de la crise et aux problématiques posées, notamment sur ce que l’on appelle le risque systémique. Il s’agit de l’importance de la finance et de son impact potentiel sur l’économie réelle. C’est chose faite et la loi française répond pour la première fois de manière très concrète à cette problématique du poids de la finance, en séparant les activités, en coupant à l’intérieur des banques les activités spéculatives des activités normales.
Comment avez-vous vécu les menaces du monde bancaire, relayé par l’UMP, qui vous expliquait que si vous votiez une telle loi, cela aurait un impact sur la dette de la France ?
Ce sont des arguments utilisés par le lobby bancaire, mais qui ne sont pas très crédibles. La France est un pays qui a convaincu l’ensemble des investisseurs mondiaux sur le sérieux de sa politique économique, sur le retour de l’équilibre des finances publiques et sur son développement économique. La menace a été utilisée à plusieurs reprises, mais beaucoup trop, car nous ne sommes pas dans un moment où ce type de menaces pouvait fonctionner. Cela n’a pas freiné la volonté du gouvernement, de Pierre Moscovici et des parlementaires, dont moi-même, de faire en sorte que cette loi soit une vraie loi de régulation.
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