BNP et SocGen : deux "faux amis".

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Les comptes du Crédit Agricole (à bricoles ?) viennent de sortir... en pertes de 6,5 milliards €. La Société Générale et BNP Paribasont sorti des bénéfices, mais il est tout sauf certain que la tourmente soit terminée sur le secteur. Nous parlerons en détailsdu Crédit Agricole la semaine prochaine, mais l’analyse des comptes de BNP Paribas et de ceux de la Société Générale démontreque le ménage n’est pas totalement effectué.

Les banques : nouvelle tourmente dévastatrice ? Depuis 2007, les banques sont, en général, dans la tourmente, les banques françaises principalement. Parmi les grands établissements, la Société Générale, Crédit Agricole et BNP Paribas ont connu des bouleversements intenses, des années durant lesquelles leur activité a changé complètement. Les aventures à l’étranger, entamées dans les années 1990 par le Crédit Agricole ont été désastreuses avec l’impressionnante déconfiture de la banque Emporiki en Grèce mais elle n’a pas été la seule, et, pour les autres, la situation n’est pas franchement favorable.

En 2010, la Société Générale avait annoncé sortir, pour 2012, un résultat net de 6 milliards d’euros ! Ne riez pas, ce n’est pas drôle. Lors de la publication des résultats de l’année et du quatrième trimestre de 2012, la Société Générale, malgré son « cocorico », se trouve très éloignée du milliard d’euros de résultat, avec 774 petits millions d’euros. Comme les comptes sont toujours présentés avec « trucage », la Société Générale affiche un résultat net, part du groupe « sous-jacent » de 3,368 milliards d’euros. C’est un peu facile !

En dehors de la réévaluation des dettes liées au risque de crédits propres (norme IFRS), qui prend en compte la meilleure notation des banques et donc la remontée boursière des cours de la dette émise par la banque, qui pèse 822 millions d’euros sans entraîner aucun débours en cash, ce serait bien d’arrêter de prendre les actionnaires pour des « imbéciles ». Les 754 millions d’euros qui ont été perdus lors de la cession des actifs gérés en extinction ou de crédits des activités pérennes de la Société Générale CIP, comme les dépréciations, écarts d’acquisitions et autres pertes nettes sur les actifs cédés ou destinés à l’être, c’est de l’argent qui a disparu des fonds propres et qui a, bel et bien, été sorti.

Si la Société Générale (SGCIB) a été obligée de céder un énorme paquet de 35 milliards d’euros d’actifs, depuis la fin du mois de juin de 2011, c’est parce qu’elle n’avait absolument pas les moyens, en fonds propres, de les conserver à son bilan. La grenouille a voulu se faire plus grosse que le bœuf, elle a fait des acquisitions importantes, elle sort, souvent, la queue basse, avec une odeur de déroute parfois même en payant pour sortir comme lors de la cession de sa petite filiale grecque, Geniki Bank. 

Des survaleurs trop importantes. 

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